Dans le cadre des travaux de la deuxième journée du Forum Panafricain des Médias (FOPAME), tenue le jeudi 4 juin 2026 à Bamako, plusieurs panels et tables rondes ont permis aux participants de réfléchir aux défis de l’information et du numérique en Afrique.
La matinée a été consacrée au thème : « Guerre informationnelle : construire une narration africaine souveraine ». Cette session était modérée par Daouda Mariko, directeur de Radio Kénédougou. Elle a réuni plusieurs intervenants, dont Alexis Kalambry, directeur général du groupe de presse Mali-Tribune, et Seydou Sissouma, membre du Collège de la Haute Autorité de la Communication (HAC).
Dans l’après-midi, les participants ont pris part à une table ronde intitulée « L’éducation aux médias, un outil pour tous », modérée par Dr Fatoumata Fofana, maître de conférences à l’École Supérieure de Journalisme et des Sciences de la Communication (ESJSC).
À cette occasion, Sadou Yattara, coordinateur de l’Association IDEM, a développé le sous-thème « L’éducation aux médias : un enjeu citoyen à l’ère du numérique ». Selon lui, l’éducation aux médias, à l’information et au numérique constitue un levier essentiel pour permettre aux citoyens de développer un esprit critique face aux contenus qu’ils consultent, partagent ou produisent.
« Chaque citoyen a besoin de comprendre ce qu’il voit, ce qu’il entend et ce qu’il lit. Aujourd’hui, l’information n’est plus produite uniquement par les journalistes. Tout le monde peut créer et diffuser du contenu. Il est donc indispensable d’outiller les citoyens afin qu’ils puissent faire face à l’océan d’informations auquel ils sont confrontés quotidiennement », a-t-il expliqué.
Un autre sous-thème portant sur « Cyberespace et cybercriminalité : encadrement et régulation » a été présenté par Modibo Fofana, président de l’Association des Professionnels de la Presse en Ligne du Mali (APPEL-Mali). Il a souligné que les informations diffusées doivent être guidées par l’intérêt général et contribuer au renforcement de la cohésion sociale.
Selon lui, l’éthique journalistique exige qu’un professionnel s’abstienne de publier des informations susceptibles de porter atteinte à l’unité nationale, à la cohésion sociale ou à la sécurité du pays.
Le président de l’APPEL-Mali a également indiqué que les journalistes maliens sont de plus en plus engagés dans la production de récits et de contenus visant à déconstruire certains narratifs qu’il juge défavorables au Mali. « Depuis près d’un an, nous sommes sollicités pour déconstruire les narratifs dirigés contre notre pays et qui fragilisent nos institutions. En tant que journalistes professionnels, nous développons nos propres récits afin d’apporter notre lecture des réalités maliennes », a-t-il déclaré.
Cette deuxième journée du FOPAME a ainsi mis en lumière le rôle stratégique de l’éducation aux médias, de la régulation du cyberespace et de la souveraineté informationnelle dans la consolidation de sociétés africaines plus résilientes face aux défis du numérique.
Hawa Niangaly




