Edito : Le bilan, c’est ne jamais désespérer du Mali

Demander à un ouvrier de mesurer ses sueurs sous une pluie battante, c’est lui donner une équation difficile à résoudre. Dresser le bilan des cinq de la transition au Mali, un pays en proie au terrorisme, et qui ne laisse de se démener, c’est se lancer dans une entreprise incertaine, qui risque de se buter à l’indifférence de certains, et à la compassion d’autres. Différents départements ministériels se sont acquittés de cet exercice de tirer le bilan, le mardi 23 Juin 2026. Ont-ils convaincu ? Tel n’est pas l’objet de notre propos.
Ceux qui pensent à des résultats décapants secteur par secteur tel dans un pays havre de paix, peuvent continuer leur chemin dans l’indifférence, parce qu’une telle évaluation serait hors contexte. Tandis que ceux qui prennent la pleine mesure des luttes diverses, internes et extérieures, compatissent sans s’apitoyer face aux défis qui jalonnent la construction nationale et que seuls les efforts légendaires, alliant résilience et stoïcité, peuvent parvenir à surmonter pour atteindre le bout du tunnel et dresser des bilans élogieux.
Le développement social dépendant du renforcement des infrastructures et des services sociaux de base (de leur organisation et fonctionnement) est cependant tributaire de l’environnement sécuritaire, des contradictions et contingences diverses.
L’élan de souveraineté alimentaire confrontée aux actes terroristes qui détruisent les unités industrielles et commerciales (sucrerie, cimenterie, transports et autres) et les récoltes quand ils n’ont pas pu empêcher les travaux de production agricole. Ils coupent les routes, incendient les camions et rendent difficile l’approvisionnement du pays, sachant bien que l’énergie et donc les secteurs économiques et toutes les infrastructures sociales en dépendent. Ces actes terroristes sont stratégiques et cherchent à se hisser à la hauteur des stratégies nationales des hautes autorités de bâtir un Etat souverain et de mettre en place un dispositif diplomatique de respect des choix de partenariat et de défense des intérêts du peuple malien.
La diabolisation de la conquête de l’intégrité territoriale, l’influence des narratifs importés pour désinformer, semer les conflits et déstabiliser passent sous contrôle, l’essentielle de l’information sur le Mali venant de médias maliens. Avec une mention spéciale pour certaines pages dont celle de la présidence de la République, du ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, du ministère de l’Industrie et du Commerce …
Les écoles fermées privent des milliers d’enfants d’instruction, faute de sécurité, cependant la dynamique sécuritaire et de défense nationale ôte le doute, quant à la volonté d’airain de mettre hors d’état de nuire les esprits malveillants et criminels. Pendant ce temps, des hôpitaux sortent de terre, sur les sites d’anciens centres de santé de référence à Bamako et dans les régions. Des routes sont en chantiers et peuvent prendre le temps qu’il faut, mais tel est l’espoir. Et il ne faut jamais désespérer du Mali, tête de proue à l’initiative de la Confédération AES.
Tenter de mettre à terre, l’économie nationale pour que s’installe le manque, que flambent les prix et que les révoltes populaires éclatent, tel est le projet monstrueux qui a été mainte fois déjoué. Les ressources minières rentabilisées au profit des intérêts nationaux, déversent leurs retombées au trésor pour le bonheur du budget public, sevré depuis cinq ans des appuis budgétaires étrangers. La mobilisation des ressources internes au profit des recettes budgétaires passe pour un pari réussi par la Direction générale des Impôts (DGI) sous la houlette de Hamadou Fall DIANKA et du ministre de l’Economie et des Finances, Alousséni SANOU. Les potions magiques découlant des réformes engagées par le Président de la Transition, le Général d’Armée Assimi GOÎTA, Chef de l’Etat, sur le front économique, s’appellent : nouveau code minier de 2023, avec son contenu local ; l’identification des bénéficiaires effectifs des sociétés (Impôts); la digitalisation, l’imposition du secteur informel…

B. Daou

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