Le Forum des Administrations fiscales Ouest-africaines (FAFOA), en anglais, WATAF (West African Tax Administration Forum), une organisation régionale indépendante regroupant les responsables des douanes et des impôts en Afrique de l’Ouest, a tenu sa 22ème Réunion, le 11 Juin 2026 à l’hôtel Radisson Collection de Bamako. En marge de cette rencontre sous régionale, le Secrétaire exécutif de cette organisation, le Burkinabé Jules Tapsoba a bien voulu répondre aux questions du quotidien Le Républicain.
Le Républicain : Présentez-nous brièvement le Forum des Administrations fiscales Ouest-africaines (FAFOA) ?
Le Forum des Administrations fiscales Ouest-africaines (FAFOA) est une organisation régionale qui regroupe au sein d’une assemblée générale, tous les responsables des Douanes et des Impôts en Afrique de l’Ouest, une organisation indépendante, ouverte à collaborer avec des membres associés qui peuvent être d’autres administrations fiscales en dehors d’Afrique de l’Ouest, des partenaires financiers ou partenaires techniques.
Nous avons un partenariat avec des organisations régionales comme la CEDEAO, l’UEMOA, et pourquoi pas l’AES ? Cette collaboration devrait permettre de renforcer l’intégration économique et de mettre en place des actions pertinentes pour être plus efficaces dans la mobilisation des recettes intérieures. Voilà ce que l’organisation vise premièrement.
Et deuxièmement, c’est comment parler d’une seule voix, quand il s’agit de l’Afrique de l’Ouest ; comment avoir un même point de vue, en matière de gestion de fiscalité de porte et de fiscalité intérieure ? Et on peut le faire aussi à l’échelle de toute l’Afrique ou au niveau des Nations- unies, dans le cadre de la convention fiscale sur la fiscalité. Voilà qu’il y a plusieurs raisons pour que les administrations fiscales et douanières soient regroupées, qu’il y ait des échanges de point de vue, de bonnes pratiques, de connaissances, pour être plus performant et WATAF est un facilitateur au niveau régional pour permettre ce dynamisme-là dans l’ensemble des pays et pour accompagner les différents gouvernements en Afrique de l’Ouest.

Le forum est un cadre de mutualisation, pouvez-vous nous parler de quelques points saillants de cette mutualisation ?
La mutualisation, c’est l’harmonisation des pratiques déjà en matière de fiscalité. C’est la manière dont on agit sur l’économie en termes de prélèvement ; et parfois, les mesures prises dans un pays ont un impact dans un autre. Mais quand vous harmonisez, il y a la possibilité de minimiser les effets pervers de la fiscalité. C’est ça l’harmonisation [la mutualisation] à laquelle les organisations régionales travaillent : par exemple, l’UEMOA et la CEDEAO, au plan régional, l’Union africaine, vont utiliser beaucoup WATAF à l’échelle régionale pour faciliter la mutualisation des bonnes pratiques en matière de gestion de la fiscalité de porte et de fiscalité intérieure.
Quelles sont les raisons du choix de Bamako, pour la tenue de cette Réunion ?
Le Mali est un membre fondateur en 2011, il y avait le Directeur général des Impôts, et l’administration fiscale du Mali a chaque année, depuis quatorze ans, participé aux réunions, à l’Assemblée générale pour définir les bonnes pratiques techniques, pour optimiser. A ce titre-là, nous venons pour tenir la première réunion de cette année ici et c’est une bonne opportunité de parler du WATAF au Mali, de dire merci aussi au Mali pour sa contribution à l’essor du WATAF. Nous sommes contents que le ministre d’Etat, ministre de l’Economie des Finances, Monsieur Alousséni SANOU puisse favorablement accueillir la tenue de cette réunion ici à Bamako, avec toutes les bonnes commodités qu’il y a eu, et pour nous. C’était une opportunité aussi de saluer le gouvernement, l’ensemble des populations, parce qu’on prélève l’impôt, c’est pour travailler à développer des domaines sociaux, des domaines de l’économie au profit des populations. Je pense que c’est une opportunité aussi de dire merci et courage à la population pour les efforts entrepris derrière le gouvernement.
Peut-on parler bientôt d’une interconnexion des administrations fiscales Ouest africaines ?
L’interconnexion, le fait de participer aux rencontres régionales nous permet de savoir ce qui se fait ailleurs et on peut s’appuyer sur les bonnes pratiques ailleurs pour mieux s’organiser au sein de son pays. Et c’est ça qu’il faut encourager dans le cadre de l’intégration économique. Nous sommes dans cette dynamique et nous apprécions toutes les contributions du Mali.
Propos recueillis par Boukary Daou




