Transformer les revenus de l’exploitation minière en investissements structurants au service du développement national, c’est le leitmotiv du Fonds de Réalisation des Infrastructures énergétiques, hydrauliques et de transport dans le secteur des mines. Ce mécanisme inédit, instauré par le nouveau Code minier, a annoncé une mobilisation de plus de 109 milliards de FCFA. L’annonce a été faite par le Comité de pilotage de la structure, qui s’est réuni à Bamako pour sa première session, le 31 juillet 2026.
Alimenté par les contributions des titulaires de permis d’exploitation minière et des exploitants industriels de carrières, ce fonds traduit la volonté du Président de la Transition, le Général d’Armée Assimi Goïta, de faire du secteur minier un moteur direct du financement des infrastructures stratégiques, selon le ministre de l’Economie et des Finances, Alousséïni Sanou, qui a présidé, le 31 juillet 2026, la première réunion du Comité de pilotage du Fonds de réalisation des infrastructures énergétiques, hydrauliques et de transport.
Institué par le nouveau code minier de 2023, dans son article 98, ce mécanisme permet de collecter des ressources, qui sont exclusivement destinées aux investissements dans les domaines de l’énergie, de l’eau et des transports, afin de renforcer la compétitivité économique du Mali, indique le MEF Alousséni Sanou.
Le ministre des Mines, Pr Amadou Keïta, s’est félicité de cette mobilisation qui est selon lui, une preuve que le secteur minier contribue désormais de manière concrète au développement du pays. Les ministères sectoriels (Energie, Eau, Transport et Infrastructures) ont présenté plusieurs projets prioritaires appelés à bénéficier de ces financements.
Ainsi la ministre des Transports et des Infrastructures, Madina Sissoko Dembélé, a notamment évoqué le développement du chemin de fer, des infrastructures routières et fluviales, l’acquisition de bateaux ainsi que le projet de relance de la compagnie Mali Airlines SA.
De son côté, le ministre de l’Énergie et de l’Eau, Pr Tiémoko Traoré, a souligné que ce fonds constitue une opportunité majeure pour accélérer les investissements dans les infrastructures hydrauliques et énergétiques, indispensables au développement agricole, industriel et social du pays.
Rampe de l’économie nationale
Les chiffres présentés au cours de la réunion témoignent de l’importance des ressources déjà générées. Entre le 1er janvier 2025 et le 30 juin 2026, le fonds a enregistré 109,142 milliards de francs CFA de recettes, dont 57,751 milliards de FCFA au titre de l’année 2025 et 51,391 milliards de FCFA pour le premier semestre 2026. Pour le MEN Alousséïni Sanou, ces performances confirment la pertinence des réformes engagées dans le secteur minier et démontrent la capacité de ce mécanisme à financer durablement les investissements prioritaires de l’État, tout en réduisant progressivement la dépendance du Mali aux financements extérieurs pour la réalisation de ses infrastructures stratégiques.
Ainsi, le Fonds de Réalisation des Infrastructures énergétiques, hydrauliques et de transport dans le secteur des mines se révèle une vraie rampe de lancement du développement endogène de notre pays et démontre suffisamment que les Etats du Sahel ont tout pour se développer avec une gouvernance responsable, respectueuse des principes de souveraineté, de respect des choix stratégiques et des intérêts du peuple malien. Mis avec la production agricole, l’élevage, le développement industriel et la mobilisation des ressources intérieures (recettes fiscales), le Fonds de Réalisation des Infrastructures énergétiques, hydrauliques et de transport dans le secteur des mines peut conduire l’économie malienne au décollage et le Mali à l’émergence.
B. Daou




