Edito : Assimi ira-t-il à Canossa ?

Les pages endeuillées de l’histoire récente, écrites en lettre de sang, sont-elles encore toutes fraiches, que le Président malien Assimi Goïta consent à aller à Alger !
Les pages de l’histoire, ce sont celles des épisodes de batailles épiques avec ses lots de morts des Maliens civils et militaires, pendant que les ennemis de la paix, les groupes armés sont parrainés de l’extérieur et protégés par certains pays voisins, pour des intérêts géostratégiques aigus.
Les pages de l’histoire, ce sont également celles des centaines de milliards de matériels des FAMa, acquis à la sueur des contribuables maliens, détruits, partis en fumée, alors que ces montants auraient pu contribuer à améliorer la santé, la sécurité alimentaire, l’éducation, l’assainissement, les infrastructures routières, énergétiques et hydrauliques, bref le bien-être de la population malienne, dans un contexte de paix, de sécurité et de cohésion sociale.
Les pages de l’histoire, ce sont aussi les actes terroristes des hordes extrémistes incendiant des outils de production, des infrastructures économiques, des véhicules de transports, et coupant les grands axes de desserve du pays, dans le but d’asphyxier son économie et d’exposer les populations à la famine. Le dessein des groupes armés terroristes et leurs soutiens, c’est de perpétrer des atteintes aux droits humains, d’exposer des Maliens, tant au niveau individuel que collectif, à des pratiques inhumaines et dégradantes. Cependant le peuple résilient du Mali a tenu, confiant en son armée, qui a relevé le défi de la résistance. Les acquis à ce jour le sont par les batailles sans concession, aucun dialogue ne doit conduire à leur compromission.
Certes les espaces aériens sont ouverts entre les deux pays, les ambassadeurs maliens et algériens ont rejoint leurs postes respectifs, mais les groupes armés ont-ils arrêté leur train de mort, la guerre est-elle finie ? Le pouvoir algérien, vu comme le géniteur d’un accord sécessionniste au profit des groupes armés terroristes, va -t-il les abandonner en plein vol ? En l’absence d’information claire, le peuple qui a droit à l’information reste cependant dubitatif sur ce voyage annoncé du Président malien. Qu’en est-il de l’histoire du drone des FAMa, détruit par l’Algérie ? Quid du sort de l’Imam Mahmoud Dicko ?
Assimi Goïta est un général d’armée, assez gradé pour aller où il veut, mais l’Algérie est un autre pays, un territoire étranger, même si son homologue algérien Abdelmadjid Tebboune, a subitement varié pour devenir un ami qui lance une invitation à venir dans son palais. Si le Président Goïta est cher aux Maliens et aux Etats de l’AES, l’est-il vraiment pour les occidentaux, notamment les Français et les Américains ? Pour dire que ce dernier pays n’a pas hésité à capturer dans son propre pays (le Vénézuélien Nicolas Maduro), un Président en exercice, pendant qu’Emmanuel Macron applaudit. C’est toujours ce qu’on ne peut imaginer qui arrive. Si on touche à un cheveu d’Assimi, la Russie va-t-elle raser Alger ? Et après ? Demander au premier malien rencontré, il vous dira qu’Assimi ne doit pas si vite aller en besogne. Partout en Afrique et dans les pays victimes de spoliation de leurs ressources, il est aimé, et partout dans les pays qui dépendent des ressources des PMA (pays les moins avancés), ils ont le couteau entre les dents contre le symbole de la résistance des peuple économiquement opprimés. Le Général Assimi Goïta avec l’AES, est le symbole vivant de la Fédération du Mali, il est l’incarnation des idéaux du Burkinabé Capitaine Thomas Sankara, du Congolais Patrice Lumumba, du Ghanéen Kwamé Nkrumah… Toutefois Alger n’est pas Canossa.

B. Daou

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