Après les attaques du 25 avril 2026 et l’ouverture d’enquêtes par les procureurs du Tribunal du pôle spécialisé antiterroriste (à la demande du Procureur général), et du Tribunal militaire, plusieurs dizaines de suspects sont aux mains des forces de défense et de sécurité du Mali pour des besoins d’enquêtes, certains mis à la disposition de la justice, car un tel dossier a besoin d’être diligenté pour sortir les populations de l’angoisse et l’incertitude que provoquent la lourdeur et la lenteur.
Parmi les personnes aux arrêts, il y a certaines lugubres personnes, mais aussi d’autres pouvant se revendiquer de VIP (very important personality). Si une vidéo diffuse sur les réseaux sociaux les témoignages d’une personne assimilable au capitaine Soïba ou Seyba Diarra dit « Bamanan ou Bélédougou », il n’en demeure pas moins que cette dernière charge un certain Me Mountaga Tall comme étant l’instigateur de l’invasion des terroristes (Coalition du JNIM et du FLA) et l’attentat ayant coûté la vie au Général Sadio Camara, ministre de la Défense et des Anciens Combattants, à des membres de sa famille et à de nombreux anonymes. L’objectif était de perpétrer un coup d’Etat.
Il se trouve que Me Mountaga Tall, avocat de renom, figure de proue de la vie politique malienne des trente dernières années, ancien député et ancien ministre a été enlevé à son domicile de Faladiè, à Bamako, dans la nuit du 2 au 3 mai 2026. On en parle avec beaucoup d’interrogations.
En ces moments où tout un peuple est sous le choc, après le coup fatal porté au cœur de l’Etat malien ce 25 avril, provoquant une léthargie de plusieurs heures, tant ce qui est arrivé était dans inimaginable, tout le monde, autorité et population, a aujourd’hui besoin d’être rassurées. Au-delà de la maîtrise de la situation, les déclarations l’affirmant devant être accompagnées de mesures probantes, les populations ont également besoin de crédit confiance de la part de l’Etat, et c’est capital. Crédit de confiance, notamment par la mise à disposition d’informations dans les formes qui respectent la cible. Sur des questions de premières importances liées à la survie de l’Etat et touchant à la colonne vertébrale de la DEFENSE NATIONALE, pour une justice qui ne brade pas sa crédibilité au franc symbolique, des informations de telles importances extrêmes doivent- elles drainer d’abord les réseaux sociaux ? Au nom de quel conditionnement des esprits, trahissant un amateurisme, et au niveau de la justice, et au niveau des supposés spécialistes de l’information et de la communication ? Qui sommes-nous pour y croire à l’heure de la désinformation à la vitesse internet inondante, des millions de fois plus rapide que la lumière ; quel serait le rôle des chaines nationales, des chaines de la confédération AES ? Si la réponse présumée est que l’affaire est sub judice, pourquoi autorise-t-on et encourage-t-on que les réseaux sociaux en inondent. Personne n’est au-dessus de la justice, s’il y a des indices graves, précis et concordants liés à la préparation, au financement et à l’exécution d’activités criminelles et de déstabilisation, la justice doit sortir de sa mollesse et de ses hésitations qui créent le doute, et passer à la vitesse supérieure, sans abuser de la patience du peuple malien assez résilient.
B. Daou




