La bataille de tous les jours afin que la « souveraineté retrouvée » ne sonne pas creux, comme l’a été le vocable de la « révolution du 26 mars 1991 », ne laisse aucun répit aux gouvernants de la transition, tant l’héritage est lourd.
En effet, trois décennies après la chute du parti unique, pour une vie démocratique pluraliste meublée par le multipartisme intégral, le peuple a manifesté son désenchantement par une occupation systématique du boulevard de l’Indépendance jusqu’à la chute du Président Ibrahim Boubacar Kéita le 18 Aout 2020 et le retour des militaires au pouvoir, une trentaine d’années après la chute de Moussa Traoré (26 mars 1991).
La gestion faussement démocratique du pouvoir a conduit le Mali dans l’impasse, alimentée par l’injustice sociale, l’inégalité, le népotisme, le clientélisme et la gestion partisane du pouvoir au détriment de l’intérêt général. On peut convenir que la démocratie n’est pas en cause, mais des gardiens du temple démocratique : les démocrates. Les acteurs du mouvement démocratique ont galvaudé la démocratie, par une gestion du pouvoir qui s’est éloignée au fur et à mesure des idéaux évoqués en 1991, selon de nombreux observateurs et acteurs politiques. En l’absence des réponses appropriées, le Mali a basculé profondément dans la crise sécuritaire, politique, économique et sociale.
Les manifestants contre le pouvoir du Président IBK, ont revendiqué le changement pour une gestion souveraine des questions de défense et de sécurité, une bonne gouvernance afin que les ressources du Mali puissent servir au bien être des Maliens avec les services sociaux de base adéquats, la relance du développement économique et social. Résultats : le départ des forces étrangères et la prise en main par le Mali de son destin. Ainsi, la souveraineté c’est compter sur soi et sur ses propres ressources pour exister et se développer. L’audit du secteur minier et la mise en œuvre des évolutions du nouveau code minier, la révolution numérique dans le secteur des impôts et autres, en disent long sur les attentes et la vision des autorités de la transition pour la souveraineté nationale et les intérêts des Maliens. Les Maliens n’en doutent pas que le Mali a des ressources suffisantes, d’où la convoitise et le terrorisme. On peut retarder le progrès, mais on ne peut pas l’empêcher, selon Félix Houphouët Boigny, père de l’Indépendance de la Côte d’Ivoire.
B. Daou




