3ème journée du FOPAME : réflexion sur le rôle des médias en temps de crise

La thématique « Le défi de l’information en période de crise et de conflit » a été développée le vendredi 5 juin 2026 dans le cadre des travaux de la troisième journée du Forum Panafricain des Médias (FOPAME). Cette session était modérée par Alfousseyni Sidibé et a réuni plusieurs experts des médias autour des enjeux du traitement de l’information dans les contextes de crise.
Le sous-thème, « Journalisme de paix et gestion de la rumeur », a été présenté par Sékou Gadjiko, rédacteur en chef de Studio Tamani. Au cours de son intervention, il est revenu sur les nombreuses rumeurs qui ont circulé à la suite des événements du 25 avril 2026, soulignant la responsabilité des journalistes dans la vérification des faits et la lutte contre la désinformation.
Le sous-thème « Communication de crise et souveraineté : expériences de l’AES » a ensuite été développé par Salif Sanogo, coordonnateur de la Télévision AES. Il a mis l’accent sur la nécessité pour les médias africains de valoriser davantage les réalisations des pays de l’Alliance des États du Sahel (AES).
« Le Mali est en train de construire une dizaine d’hôpitaux. Quel média étranger en parle ? Personne. Le Burkina Faso réalise une autoroute à quatre voies, qui en parle ? Le Niger accomplit des avancées importantes dans l’exploitation de ses ressources pétrolières. Aujourd’hui, l’enjeu est de promouvoir une information de proximité », a-t-il déclaré.
Selon le coordonnateur de la Télévision AES, les journalistes doivent concilier la liberté d’informer, responsabilité professionnelle et protection des intérêts nationaux.
« Lorsqu’on parle de protéger son pays, certains évoquent immédiatement la censure. Pourtant, il est nécessaire de s’interroger sur les notions d’éthique, de déontologie et de responsabilité journalistique », a-t-il affirmé.
Enfin, le sous-thème « Formation au journalisme de guerre, éthique et fact-checking » a été présenté par Alexis Dembélé, doyen de l’UCAO-UUBA. Il a rappelé que les conflits armés constituent des contextes particulièrement complexes pour les professionnels de l’information.
« En temps de guerre, personne n’est véritablement indifférent. Le rôle du journaliste est d’expliquer les situations complexes : pourquoi cette guerre, quelles en sont les causes et quelles peuvent être ses conséquences. Pour accomplir cette mission, il faut des compétences solides et une formation adaptée », a-t-il souligné.
À travers ces différentes interventions, les participants ont mis en évidence l’importance d’un journalisme responsable, fondé sur l’éthique, la vérification des faits et la promotion d’une information de qualité en période de crise et de conflit.

Hawa Niangaly

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