L’engagement du Général d’Armée Assimi Goïta pour assumer la fonction de ministre de Défense nationale, en lieu et place du ministre défunt Sadio Camara, est assez révélateur. « Cè bô dan yé yèrè bô yé » (le don de soi : la meilleure exemplarité est celle de l’engagement personnel). C’est dire que le Général Assimi Goïta ne lâchera rien sur l’héritage laissé par son compagnon d’arme, Sadio Camara tombé les armes à la main.
Ce 25 avril 2026, une alliance politico-militaire voulant changer le cours de l’histoire a composé avec des groupes terroristes comprenant le FLA (Front de Libération de l’Azawad), le JNIM (Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin) et autres pour attaquer la ville garnison de Kati, l’aéroport de Bamako ; Sévaré, Gao et Kidal. Avec le dessein de prendre le pouvoir.
Cette alliance a voulu changer la direction du vent au Mali : tourner la page du pouvoir de transition et la dynamique de souveraineté nationale, la logique diplomatique prônant le respect des choix stratégiques du Mali ; la défense des intérêts du peuple malien ; les mécanismes endogènes de développement reposant sur les ressources locales.
Il s’agissait de mettre définitivement fin à la lutte héroïque et résiliente du peuple malien et l’offensive des forces armées maliennes (FAMa) engagées dans un processus de longue haleine de sécurisation du territoire national. L’assassinat au cours de ces attaques de la ville garnison de Kati, le 25 avril 2026, du ministre de la Défense et des Anciens Combattants, le Général de corps d’Armée Sadio Camara (devenu Général d’Armée à titre posthume) en ciblant sa résidence, est assurément un indice clair, de cette entreprise minutieusement ourdie, de déstabiliser l’Etat malien.
Ainsi, cette alliance politico-militaire a cru devoir plier l’échine et renoncer au combat pour la dignité de notre peuple, face aux groupes armés terroristes et leurs sponsors dont l’objectif est d’occuper les Etats du Sahel, d’écarter les dirigeants, de soumettre les populations et d’inculquer leur mode de gestion en faisant main basse sur les richesses nationales.
En définitive, les offensives terroristes et les tentatives de déstabilisation ne visent que le même but : prendre le pouvoir et profiter des ressources du pays dans la pure tradition de l’exploitation impérialiste. C’est d’avoir des représentants qui assurent les intérêts des sponsors étrangers tout en appauvrissant les populations des Etats du Sahel, faisant des femmes et des jeunes, les bétails électoraux dans la construction d’une démocratie fantoche.
Ainsi, aux attaques criminelles ciblées pour tuer et semer la terreur se greffent des attentats contre l’économie nationale publique et privée, la destruction des infrastructures économiques, des unités industrielles des PME- PMI. Les effets recherchés étant de mettre le maximum de personnes au chômage, d’étendre la pauvreté au sein de la population, de créer le besoin et le manque et de pousser facilement les plus vulnérables à la révolte contre les pouvoirs de transition avant qu’ils n’atteignent leurs objectifs de développement économique et social des Etats du Sahel.
Les crises de carburant consécutives aux attaques et incendies des camions citernes important le carburant, les crises d’énergie et les pénuries provoquées s’inscrivent dans cette dynamique pour provoquer la colère des populations, qui ont d’ailleurs tout compris. Les attaques terroristes et actes assimilés sont devenus contreproductifs pour les sponsors des groupes terroristes, entrainant le resserrement des rangs au sein de la population dans la résilience, le soutien aux Forces de Défense et de Sécurité du Mali (FDSM) et au chef suprême des armées, le Général d’Armée Assimi Goïta.
Mais qu’en est-il du moral des troupes sur le terrain ? Une visite de terrain du nouveau ministre délégué auprès du ministre de la Défense, le Général Oumar Diarra est sans doute nécessaire pour prendre le peuple à témoin de l’harmonie, de l’engagement et de la résolution ferme des officiers, des sous- officiers et des hommes de rangs.
Au cours des attaques et jours suivants de nombreux assaillants capturés, des présumés complices et des personnes suspectes ont été mis à la disposition de la justice pour les besoins d’enquêtes, afin que les coupables puissent répondre de leurs actes criminels. L’ouverture d’enquêtes par les tribunaux militaire et du pôle spécialisé antiterroriste visent à clarifier les circonstances de préparations et de l’exécution des attaques et des crimes commis dont l’assassinat du ministre de la Défense et des Anciens Combattants, le Général Sadio Camara.
Les circonstances de la conduite de la horde d’assaillants pour accéder à la ville garnison et à la résidence du ministre de la Défense Sadio Camara relèvent d’une organisation de main de personnes bien introduites dans le milieu de la hiérarchie militaire. Il pourrait s’agir d’éléments connus des militaires et des populations du camp, et dont la seule présence parmi les cortèges a pu convaincre plus d’un, qu’il ne s’agit pas de malfaiteurs, jusqu’au point où les sales besognes commencèrent, notamment l’attaque du domicile du ministre. Sinon comment comprendre que des groupes armés puissent parvenir à s’introduire, sans heurt et avec une facilité déconcertante, dans la ville et jusqu’au domicile du ministre de la Défense ? La jonction des enquêtes au niveau des différents tribunaux complémentaires édifiera certainement.
A côté de la mort du ministre Sadio Camara, dont l’estime chez les Maliens est semblable à celle des braves guerriers immortalisés, qui ont bâti le Mali d’hier et d’aujourd’hui de leur sueur et de leur sang. La majorité des Maliens ont applaudi le cap maintenu par le Président de la Transition Général d’Armée Assimi Goïta, en assurant lui-même la fonction de ministre de la Défense et en nommant le Général Oumar Diarra, ministre délégué auprès du ministre de la Défense, depuis le lundi 04 mai 2026.
La refondation du Mali se poursuivra, ainsi que les opérations de sécurisation du territoire national, et de renforcement de la protection des personnes et de leurs biens. L’engagement du Général d’Armée Assimi Goïta pour prendre en charge le portefeuille de Défense nationale est assez révélateur. On dit chez nous au Mali (la langue et les expressions étant chargées de culture): « Cè bô dan yé yèrè bô yé » (le don de soi : la meilleure exemplarité est celle de l’engagement personnel). C’est dire que le Général Assimi Goïta ne lâchera rien sur l’héritage laissé par son compagnon d’arme, Sadio Camara.
Vont lâcher prise, les groupes terroristes qui ont hâtivement pris position dans certaines localités maliennes. Au sein de la population malienne de tous âges, des voix s’élèvent en larmes, pour demander des armes et la formation afin de participer à la défense du territoire national. C’est un éveil collectif qui se fait jour, et des voix qui indiquent que le salut collectif se trouve dans le développement endogène, la liberté du peuple souverain et le partenariat gagnant gagnant dans l’exploitation des ressources nationales des Etats du Sahel.
B. Daou




