Le Mali à la CM14 de l’OMC : « Il est nécessaire de s’attaquer à l’impasse dans laquelle se trouvent actuellement ces négociations »

A Yaoundé au Cameroun s’est tenue du 26 au 30 mars 2026, la 14ème Conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du Commerce (OMC). La délégation malienne y était conduite par le ministre de l’Industrie et du Commerce, Moussa Alassane Diallo. En outre le conseiller technique du département en charge des questions de Commerce, Aliou Ag Moussa, d’autres personnalités maliennes étaient à cette rencontre, comme l’Ambassadeur du Mali à Genève, Gaoussou Cissé, le Consul du Mali à Douala Mariam Seye. Au cours de cette rencontre mondiale, le ministre en charge du Commerce, Moussa Alassane Diallo a fermement soutenu la position de notre pays, notamment sur l’agriculture, le Commerce, la Sécurité alimentaire mondiale, le Groupe des PMA.

Dans une déclaration sur l’agriculture, le commerce et la sécurité alimentaire mondiale, le Mali reconnait le rôle que l’Accord de l’OMC sur l’agriculture a joué depuis 1995 et continue de jouer à l’appui du commerce mondial des produits agricoles et de la sécurité alimentaire. L’objectif à long terme est d’établir un système de commerce des produits agricoles équitable et axé sur le marché et de réaliser des réductions progressives substantielles du soutien et de la protection de l’agriculture.

La déclaration malienne en date du 16 mars, distribuée à la demande du Président de la Session extraordinaire du Comité de l’agriculture, rappelle que le traitement spécial et différencié pour les pays en développement Membres, y compris les pays les moins avancés, fait partie intégrante des négociations sur l’agriculture. Elle met l’accent sur la nécessité impérieuse de renforcer la sécurité alimentaire mondiale, en particulier pour les pays en développement Membres, y compris les pays les moins avancés et les pays en développement importateurs nets de produits alimentaires; et le rôle que la réforme du commerce des produits agricoles peut jouer dans la réponse aux défis auxquels sont confrontés la production et le commerce des produits agricoles, y compris la volatilité des prix, les phénomènes météorologiques extrêmes et l’exposition aux crises et chocs mondiaux.
La déclaration malienne évoque aussi « la vulnérabilité accrue des agriculteurs, en particulier les petits exploitants, et des communautés rurales, qui nécessite des réponses urgentes, équilibrées et axées sur le développement ».

Divergences dans les négociations, les propositions maliennes

La déclaration malienne n’a pas passé sous silence sa préoccupation des progrès limités réalisés jusqu’à présent sur plusieurs questions visées par les négociations, et reconnaissant qu’il y a des divergences notables concernant les approches de négociation et les résultats possibles dans les différents domaines de négociation, et qu’il est nécessaire de s’attaquer à l’impasse dans laquelle se trouvent actuellement ces négociations.

Ainsi le Mali a proposé un engagement de la Conférence ministérielle: « à Å“uvrer de manière constructive, transparente et inclusive en vue d’atteindre l’objectif d’établir un système de commerce des produits agricoles équitable et axé sur le marché et d’obtenir des résultats qui, entre autres choses, renforcent la sécurité alimentaire mondiale ; à redynamiser les négociations sur TOUS LES PILIERS DE l’agriculture conformément à l’article 20 de l’Accord sur l’agriculture, et aux décisions et déclarations ministérielles ultérieures/qui ont suivi ».

En outre, notre pays convient que les négociations sur l’agriculture se poursuivront sur la base des contributions existantes et futures des Membres, y compris les propositions concernant de nouvelles approches possibles visant à faire avancer les négociations. Ainsi, le Mali a demandé que le Président de la Session extraordinaire du Comité de l’agriculture, en consultation avec les Membres, établisse rapidement après la présente Conférence un calendrier des réunions et des étapes des négociations, et invite les hauts fonctionnaires à se réunir périodiquement après la CM14 pour examiner les progrès accomplis et donner des orientations sur la voie à suivre, selon qu’il sera nécessaire. Enfin, le Mali a invité les Membres et les organisations internationales compétentes à continuer de soutenir la participation des pays en développement Membres, y compris les pays les moins avancés, aux négociations, en particulier au moyen d’initiatives d’assistance technique et de renforcement des capacités.
Le 28 mars 2026, le Mali a exprimé son soutien au Groupe des PMA. « Le Mali réaffirme que le développement doit rester au cœur de nos travaux, en particulier pour les pays les moins avancés. Nous exprimons notre plein soutien au Groupe des PMA, dont les positions reflètent nos priorités communes : renforcer les capacités productives, améliorer l’intégration commerciale, et garantir un traitement spécial et différencié qui soit réellement opérationnel », indique la déclaration malienne.
Les défis auxquels les PMA sont confrontés – vulnérabilités structurelles, chocs exogènes, contraintes de capacités – exigent une réponse plus ambitieuse et cohérente de la part du système multilatéral. Le Mali à travers son représentant a appelé à un engagement renouvelé, fondé sur la solidarité, la prévisibilité et l’efficacité, afin de permettre aux PMA de tirer pleinement parti des opportunités du commerce international. « Le Mali demeure pleinement disposé à travailler avec toutes les délégations, dans l’esprit de consensus qui guide nos travaux, pour que cette séance ministérielle envoie un signal clair en faveur du développement et des PMA », souligne le représentant malien.

B. Daou, depuis Yaoundé

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