Alors qu’elle assure et rassure par sa bravoure et sa vaillance, malgré un environnement diplomatique, économique et sécuritaire difficile, notre armée reste marquée par les séquelles d’une gouvernance qui a laissé une place au doute, au soupçon sur les gouvernants. Certes fortes dans ses jambes (infanterie) et ses ailes (aviation), droit dans ses bottes face à une adversité complexe, l’armée malienne parait dans la posture d’un malade en convalescence, dont le rétablissement se poursuit, mais sans repos et sans répit. La célébration du 20 janvier 2026 a été embellie par la fierté des Maliens d’avoir, à la sueur du front, donné des jambes, des bras et des ailes à notre outil de défense nationale.
Les récentes agressions contre les populations maliennes et les structures économiques du Mali, occasionnant des ripostes militaires aériennes et terrestres proportionnelles dans les forêts où s’abritent les forces du mal, sont une démonstration, s’il en est besoin, de la puissance de feu des forces armées maliennes (FAMa). Les populations maliennes demeurent confiantes et gardent foi en l’avenir, en dépit des attaques armées contre les camions citernes pour empêcher la desserve du pays en carburant, source d’énergie vitale pour l’économie nationale, et alimenter ainsi une insécurité dissuasive pour les investisseurs. Après les appels de certaines puissances à quitter le pays, le Mali demeure et demeurera.
Le Mali n’a pu recouvrer tous ses droits sur la ville malienne de Kidal qu’après le départ des forces étrangères, comme si elles en étaient un obstacle. A ce jour, la vaillante armée malienne peut aller partout sur le territoire malien sans en référer aux puissances occidentales, selon la Direction de l’Information et des Relations publiques des Armées (DIRPA). N’est-ce pas cette souveraineté retrouvée qui pose problème ? Des groupes armés terroristes sortis de nulle part assaillent les populations maliennes et l’armée pour les besoins de la cause. Les FAMa y font face, pourtant la grande muette est marquée par des séquelles d’une gouvernance de la sécurité pendant une période (sous l’ancien régime) marquée par une crise de confiance, qui s’étale au grand jour avec le procès des marchés d’équipements et de matériels militaires, mettant au banc des accusés des personnalités civiles et militaires dont cinq ministres, deux anciens Premiers ministres, deux anciens chefs d’état-major et quatre généraux de l’armée malienne et de nombreux cadres de l’administration malienne. Cette affaire est née de la gestion de la mise en œuvre de la Loi d’Orientation et de Programmation militaire (LOPM) adoptée pour la période 2015-2020, prévoyant un investissement de plus de 1 230 milliards de FCFA, visant à moderniser les Forces Armées Maliennes (FAMa) avec des recrutements, l’amélioration des conditions de vie et l’acquisition d’équipements pour sécuriser le territoire national. Aujourd’hui avec la judiciarisation de ce dossier, le ministère public est dans l’impasse avec des contrats empreints du seau du secret défense. Le chef suprême des Armées, qui est également le chef de la Magistrature suprême doit intervenir pour arrêter le désordre, clore rapidement cette affaire au profit de l’unité d’une armée en guerre contre le terrorisme. Alors qu’elle mène la guerre pour l’existence de l’Etat malien, elle a également traversé une épreuve de tentative de déstabilisation, qui s’est soldée par la dégradation de certains haut gradés. C’est un grand malaise que traverse la grande muette. Même si les rangs des soldats restent suffisamment serrés, il faut aller à une détente, une requalification des chefs d’inculpation en vue d’une relaxe des mis en cause et une surveillance accrue, dont l’Agence nationale de sécurité de l’Etat (ANSE) en a les moyens.
B. Daou




