Le Forum des administrations fiscales ouest-africaines (FAFOA), regroupant quinze administrations fiscales membres, a tenu ce jeudi 11 juin Hôtel Radisson Collection de Bamako, sa 22ème Réunion du Conseil. Celle-ci permet d’examiner les principales questions relatives à la gouvernance de l’organisation, de préparer les documents de base de la prochaine Assemblée générale et de poursuivre les réflexions nécessaires au renforcement institutionnel et financier du Forum. La mobilisation efficace et durable des ressources intérieures n’est plus simplement une nécessité budgétaire, mais un impératif stratégique pour notre développement économique et social. De ce point de vue, cette 22ème réunion du Conseil offre l’occasion d’examiner les principales orientations stratégiques ainsi que les perspectives de renforcement de son action au service des administrations membres.
La cérémonie d’ouverture s’est déroulée en présence du mnistre de l’Économie et des Finances de la République du Mali, Alousséni SANOU ; des membres du Conseil du FAFOA dont la présidente Talato Eliane Djiguemdé/Ouedraogo (Directrice Générale des Impôts du Burkina Faso); du Secrétaire exécutif du FAFOA, Jules Tapsoba ; du Directeurs général des impôts du Mali Hamadou Fall Dianka ; des Directeurs Généraux des Administrations Fiscales membres ; des directeurs et chefs de services centraux du ministère de l’économie et des finances ; des représentants des organisations régionales ; des partenaires techniques et financiers, et d’un public du monde de l’Economie et des finances.
Le WATAF/FAFOA (Forum des Administrations Fiscales Ouest Africaines) est une organisation régionale qui regroupe actuellement 15 pays membres. La Mauritanie présente à cette 22ème Réunion du Conseil rejoindra officiellement l’organisation en septembre prochain, selon le Secrétaire exécutif de cette organisation, Jules Tapsoba, économiste et fiscaliste burkinabè, nommé à ce poste le 12 septembre 2024, devenant ainsi son premier Secrétaire exécutif francophone. Le FOFOA comporte 3 organes : L’assemblée générale, le Conseil et le Secrétariat ; et galement 5 committee specifique, qui sont : Le comité Fiscalité internationale ; Le comite de la gestion de la TVA ; Le comité de la gestion des dépenses fiscales ; Le comite TADAT ; Le comité contrôle fiscale des secteurs spécifiques.
Selon le Secrétaire exécutif du Forum des Administrations Fiscales Ouest Africaines (WATAF/FAFOA), Jules Tapsoba, “aujourd’hui plus que jamais, la mobilisation efficace des ressources intérieures demeure une priorité stratégique pour nos États. Face aux exigences croissantes de financement du développement, à la transformation numérique des économies, à l’internationalisation des activités économiques et aux défis de conformité fiscale, les administrations fiscales doivent continuellement s’adapter, innover et renforcer leurs performances ». C’est précisément dans cette dynamique que s’inscrit l’action du WATAF, a-t-il souligné.
Au cours des dernières années, l’organisation a poursuivi ses efforts en vue de renforcer la coopération régionale, de développer les compétences techniques des administrations membres et de promouvoir les bonnes pratiques en matière d’administration fiscale. Le Secrétariat a également intensifié ses actions visant à améliorer la gouvernance de l’organisation, à renforcer sa viabilité institutionnelle et à consolider ses partenariats stratégiques, a-t-il poursuivi. Selon lui, « Les résultats que nous enregistrons aujourd’hui sont le fruit de l’engagement des administrations membres, de l’accompagnement de nos partenaires et du soutien constant du Conseil ». Des échanges qui auront lieu au cours de cette session sont attendues des orientations pertinentes pour renforcer davantage cette organisation et accroître son impact au bénéfice de tous ses membres.
Prenant la parole, la présidente du Conseil du WATAF, Talato Eliane Djiguemdé/Ouedraogo a soutenu que le Mali occupe une place particulière dans l’histoire de cette organisation en tant que pays fondateur du FAFOA, et acteur engagé de son évolution, il offre aujourd’hui à notre Conseil un cadre empreint de fraternité, de solidarité et d’engagement au service de l’intégration régionale.
« Notre réunion de ce jour intervient dans un contexte où les administrations fiscales sont appelées à jouer un rôle toujours plus déterminant dans le financement du développement de nos États. C’est précisément pour relever ensemble ces défis que le FAFOA a été créé », a rappelé la présidente du Conseil du WATAF.
Au-delà des frontières et des différences de contextes nationaux, c’est une même conviction qui anime les membres: des administrations fiscales fortes, modernes et performantes constituent l’un des fondements de la souveraineté économique de nos États. Conformément à leur Accord constitutif, le Conseil assure la supervision stratégique des activités du Forum et veille à la mise en œuvre des orientations définies par l’Assemblée générale.
La 22ème Réunion du Conseil revêt, à cet égard, une importance particulière, permettant d’examiner les principales questions relatives à la gouvernance de l’organisation, de préparer les documents de base de la prochaine Assemblée générale et de poursuivre les réflexions nécessaires au renforcement institutionnel et financier du Forum.
La présidente du conseil a rendu un hommage appuyé à ses homologues Directeurs généraux des impôts ainsi qu’à l’ensemble de leurs collaborateurs. « Dans chacun de nos pays, souvent dans des contextes exigeants, ils œuvrent quotidiennement pour garantir les ressources indispensables au financement des politiques publiques, à la construction des infrastructures, à l’amélioration des services sociaux et au renforcement de la résilience de nos économies. Leur engagement contribue directement à bâtir des États plus forts et plus capables de répondre aux aspirations de leurs populations ».
Dans son allocution à la cérémonie d’ouverture, le ministre d’Etat, ministre de l’Economie et des Finances, Alousséni SANOU a indiqué : « Notre région traverse une période particulièrement critique et les défis sont nombreux et complexes. Les effets persistants des crises économiques mondiales, les tensions géopolitiques, les conséquences des changements climatiques, les défis sécuritaires ainsi que les besoins croissants de nos populations en matière de services sociaux de base exercent une pression croissante sur les finances publiques. Dans un tel contexte, la mobilisation efficace et durable des ressources intérieures n’est plus simplement une nécessité budgétaire; elle constitue un impératif stratégique pour notre développement économique et social ».
Pour lui, les administrations fiscales sont aujourd’hui au cœur des réformes économiques engagées dans nos pays. Elles doivent relever plusieurs défis simultanément : améliorer le recouvrement des recettes, élargir l’assiette fiscale, renforcer le civisme fiscal, lutter contre la fraude et l’évasion fiscales, tout en simplifiant les procédures et en améliorant la qualité du service rendu aux contribuables, poursuit-il. « À ces défis traditionnels, s’ajoutent désormais ceux liés à la transformation numérique de nos économies, à l’émergence du commerce électronique et à la nécessité de mieux appréhender les flux financiers transfrontaliers. Face à ces enjeux, aucune administration fiscale ne peut agir seule. La coopération régionale apparaît donc comme une nécessité absolue. C’est précisément dans cette perspective que le Forum des Administrations Fiscales Ouest-Africaines joue un rôle déterminant », a soutenu le ministre malien de l’Economie et des Finances, Alousséni SANOU.
En effet, depuis sa création en 2011, le FAFOA s’est imposé comme un cadre privilégié de dialogue, de coopération technique, de partage d’expériences et de mutualisation des bonnes pratiques entre les administrations fiscales de notre région. Grâce aux initiatives portées par le Forum, nos pays démontrent qu’ensemble, nous sommes mieux préparés à relever les défis communs que posent la mondialisation, la digitalisation de l’économie, l’évasion fiscale, les pratiques d’optimisation agressive et les mouvements transfrontaliers de capitaux, poursuit le ministre malien.
C’est pourquoi, le Mali demeure attaché au renforcement des mécanismes de coopération fiscale régionale, au partage d’informations, à l’harmonisation progressive des bonnes pratiques administratives et à la promotion d’une gouvernance fiscale moderne au service du développement de nos peuples. Notre ambition commune doit être claire: construire des administrations fiscales fortes, crédibles et résilientes, capables d’accompagner les transformations économiques de nos pays et de soutenir les aspirations légitimes de nos populations, indique-t-il.
Ainsi, cette 22ème réunion du Conseil offre l’occasion d’examiner les principales orientations stratégiques ainsi que les perspectives de renforcement de son action au service des administrations membres.
Il a salué le leadership de Madame Eliane T. DJIGUEMDE, Présidente du Conseil du FAFOA, ainsi que l’engagement constant du Secrétaire exécutif, Monsieur Jules Tapsoba, pour les efforts déployés en faveur du rayonnement et du développement de cette organisation. Le ministre a également rendu hommage à l’ensemble des Directeurs généraux des administrations fiscales membres dont l’engagement quotidien contribue à faire du FAFOA un instrument efficace de coopération régionale. « Nous demeurons convaincus que l’avenir de nos administrations fiscales repose sur la solidarité, le partage des connaissances, l’innovation et l’action collective. C’est ensemble que nous pourrons bâtir des systèmes fiscaux plus performants, plus équitables et mieux adaptés aux réalités de nos économies », a conclu le ministre.
Aguibou Sogodogo
B. Daou




