RASD : le Mali reconsidère sa position

Le Mali ne reconnait plus la RASD (République arabe saharaouie démocratique). La tournure était devenue incontournable sous la pression des défis géopolitiques similaires, exigeant d’étroites concertations pour une gestion efficace des questions sous influences extérieures.
Si la question du « Sahara occidental » est savamment entretenue et instrumentalisée par des influences extérieures à leur propre profit actuel et futur, celle du nord malien ne l’est pas moins, à coups de milliards, d’armes, d’engins, de munitions. Le Front Polisario opposé au Maroc depuis 1975, et qui réclame l’indépendance de la République arabe sahraouie démocratique (RASD) est soutenu par l’Algérie, tandis que le Maroc prône une souveraineté et propose un plan d’autonomie. Ce pays voisin du nord du Mali a été présumé coupable de la destruction au profit des séparatistes du nord Mali, d’un drone malien qui était prêt à frapper des groupes terroristes.
Au Mali, la menace sécuritaire, des rebellions au terrorisme, a nourri des velléités séparatistes, planifiant le règne sur un hypothétique territoire propre « Azaouad », dans le nord Mali, avec l’occupation de la région de Kidal comme nœud gordien. Si la reprise de Kidal par les FAMa a permis d’asseoir la souveraineté du Mali sur le territoire, les intervenants extérieurs peinent à renoncer à leurs projets sataniques. Cette victoire militaire doit être soutenue par une dynamique diplomatique audacieuse.
La visite de Nasser Bourita au Mali a été l’occasion d’un renforcement des relations stratégiques entre le Mali et le Maroc. Mieux, un changement de cap diplomatique, quand le Mali ne reconnait plus la « République Arabe Sahraouie Démocratique ». La reconnaissance malienne de la RASD remonte à 1980 avec le président Moussa Traoré. Le gouvernement du Général Assimi Goïta, président de la Transition, Chef de l’Etat a officiellement révisé la position malienne lors de cette visite de Nasser Bourita, rapprochant davantage les deux pays. « Après analyse approfondie de cet important dossier qui a un impact sur la paix et la sécurité sous-régionales, la République du Mali a décidé, ce jour, de retirer sa reconnaissance de la « République Arabe Sahraouie Démocratique » (RASD) », a déclaré le ministre malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, en présence du ministre marocain des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita, en visite au Mali, ce 10 avril 2026. Le Mali ne s’aligne pas moins sur l’option onusienne, qui prend en compte le plan d’autonomie proposé par le Maroc comme la seule base sérieuse et crédible pour la résolution de ce différend et considère qu’une véritable autonomie sous souveraineté marocaine est la solution la plus réaliste.
Côté marocain, c’est la suppression de visa d’entrée au Maroc pour tous les ressortissants maliens ; l’augmentation du nombre de bourses octroyées au Mali, porté à 300 par an. En outre la prochaine session de la Commission mixte de coopération Mali-Maroc se tiendra à Bamako au cours de cette année.

B. Daou

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