Le Sahel et les défis sécuritaires : La guerre économique sous emballage du terrorisme

Les masques tombent démasquant au grand jour, le visage faussement djihadiste des terroristes qui œuvrent à mettre à genou l’économie malienne, publique et privée. Ainsi les groupes armés ne se limitent pas à couper les routes ou à s’attaquer aux camions citernes qui transportent le carburant, mais ils veulent mettre à genou l’économie malienne en détruisant les outils de production, de transformation et de distribution. Dans les centre et l’Ouest maliens, au-delà des sucreries de Siribala et Dougabougou (région de Ségou), différents chantiers de construction de routes ont été la cible d’attaques terroristes, entrainant leur abandon. Récemment, la région de Kayes a été fortement ébranlée par des attaques de sites industriels situés le long de la Route nationale (RN22), notamment Diamond Cement à Gangonteri, la Carrière et Chaux du Mali (CCM) à Karaga et l’usine Stones, appartenant à l’industriel malien Ibrahim DIAWARA. La situation n’est pas meilleure au Burkina Faso, ainsi qu’au Niger où pas plus tard que le 29 Janvier 2026, l’aéroport DIORI Hamani a été la cible d’attaques armées.

C’est effectivement à l’aéroport de Niamey, que plus de 1 000 tonnes d’Uranium sont stockés, dans des zones sécurisées. Ce, à la suite de la nationalisation en juin 2025 par le gouvernement nigérien et du retrait des permis à son partenaire historique, le groupe français Orano. La mine de la Société des mines de l’Aïr (Somaïr dans la région d’Arlit (nord) est un site d’extraction et de traitement d’uranium à ciel ouvert. Le gisement, en activité depuis 1971, est devenu actuellement un enjeu géopolitique stratégique. Le stock d’Uranium faisant l’objet d’un conflit entre l’Etat nigérien et le groupe français Orano, a été déplacé vers l’aéroport DIORI Hamani de Niamey, dans des zones militaires plus sécurisées. Dans la nuit du 28 au 29 janvier 2026, des hommes armés ont mené une attaque contre la base aérienne 101 et l’aéroport international Diori Hamani de Niamey. Le Président Abdourahamane TIANI du Niger ne doute pas qu’il s’agit d’une « tentative d’infiltration par des mercenaires téléguidés » dont les sponsors ne seraient autres que les présidents français, béninois et ivoirien. Le président de la confédération AES, Capitaine Ibrahim Traore condamne « une agression barbare » dans la nuit du 28 au 29 janvier 2026, ayant ciblé notamment la base aérienne 101 et l’aéroport international Diori Hamani de Niamey, au Niger. « De toute évidence, il s’agit d’une attaque préméditée, coordonnée et aveugle, ayant visé à la fois des infrastructures stratégiques et des installations civiles, mettant gravement en danger des populations innocentes ainsi que des biens à usage civil ». La Confédération des États du Sahel « condamne avec la plus grande fermeté ces actes lâches, barbares et indiscriminés, contre non seulement un État membre, mais également la sécurité collective, la stabilité régionale et les efforts communs de paix et de développement déployés par les peuples sahéliens ».
Moins de trois semaines avant, au Mali, plusieurs sites industriels du cercle de Bafoulabé, dans la région de Kayes ont été la cible d’attaques criminelles, dans la nuit de samedi 10 au dimanche 11 janvier 2026, faisant d’importants dégâts matériels, dont l’incendie de véhicules et de machines et des enlèvements.
Une horde de plusieurs dizaines d’assaillants lourdement armés sur des motos, ont attaqué des sites industriels situés le long de la Route nationale (RN22), notamment Diamond Cement à Gangonteri, la Carrière et Chaux du Mali (CCIM) à Karaga et l’usine Stones, appartenant à l’industriel malien Ibrahim DIAWARA. Ces sites de production de ciment et de matériaux de construction au Mali jouent un rôle important dans l’approvisionnement du marché malien de matériels de construction et de carrelage.
« En plus de mon usine, une autre société de ciment et une usine indienne ont été attaquées », a indiqué Ibrahima Diawara, PDG de Diamond Cement, dans un entretien accordé à notre confrère de Anadolu. Cette nouvelle attaque intervient dans un contexte de fortes tensions sécuritaires dans la zone. Dès le début du mois de janvier, des alertes avaient été lancées par les populations de Diallanais et de Saourané, poussant certaines entreprises à évacuer leurs employés et leurs directions vers la ville de Kayes, selon le confrère. Face à la situation, les autorités militaires ont décidé de suspendre la traversée du fleuve dans la zone concernée, invoquant des impératifs de sécurité.
B. Daou

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