Le Sahel est en pleine mutation et recomposition de sa configuration géopolitique : l’AES s’installe et cherche ses marques. La République saharaouie démocratique (RASD) qui provoque la bipolarisation du Maghreb, rend difficile un positionnement diplomatique des pays d’Afrique de l’Ouest. Le Mali tape dans la fourmilière incandescente du Sahara et s’expose à la colère du Front Polisario, mais aussi de l’Algérie et de la Mauritanie. Le Mali se fait attaquer de tous les côtés par une coalition de groupes armés dont on ne doute pas du soutien par des sponsors étrangers.
Le Mali dirigé par un pouvoir militaire et s’étant installé dans une transition qui compte régler les problèmes à son rythme et surtout de manière endogène et souveraine, fait l’objet d’affut de certaines puissances donneuses de leçons de démocratie. Faisant face à des défis jugés insurmontables par les régimes successifs qui l’ont devancé depuis les indépendances africaines, le pouvoir dirigé par le Président Assimi Goïta a fait le choix de la lutte armée pour dire, qui veut la paix fait la guerre.

Ainsi le Mali s’invite dans les tempêtes du Sahara et s’aligne, une rupture d’avec l’habituel non alignement du Mali : le rejet de la reconnaissance de la RASD défendue par le Front Polisario et soutenue par l’Algérie. Le pays d’Abdelmadjid Tebboune n’est pourtant pas moins une pièce maitresse du jeu géostratégique dans le Sahel (sécuritaire et économique). Mais en détruisant un drone des FAMa qui visait les terroristes, que pouvait encore attendre le pays du Général Assimi Goïta d’un pays qui protège ses ennemis ? A la guerre comme à la guerre !
Mon général, faisons le décompte de ceux qui veulent nous défaire : ouvertement le Front Polisario pour avoir rejeté la reconnaissance de la RASD ; l’Algérie pour avoir renié le FP qui tient le Maroc en respect et pouvoir chassé ses amis de Kidal; ne citons pas la Mauritanie et la Côte d’ivoire, encore moins certains compatriotes qui ne cherchent qu’à siffler la fin, même si la majorité du peuple crie résilience ! Il faut garder chaque pas gagné et avancer sans reculer. Le décompte n’est pas fini : les sponsors ou les influences extérieures et leurs amis de l’intérieur, qui baillent et attendent des résultats.
On est l’Alliance des Etats du Sahel et la logique est connue, compter sur nos propres forces et on en a : les armements acquis sur fonds propres et le cœur hérité de vaillants peuples du Mandé, du Mali. Qui n’a pas coulé des larmes avec cette fille qui s’est exprimée sur la Radio Klédu ce mardi matin : « Sadio Camara est mort, mais il y a des millions de Sadio au Mali, donnez-nous des armes pour défendre notre pays », demanda-t-elle en sanglots. Malgré des contraintes indescriptibles, le peuple malien reste aussi résilient qu’au premier jour.
Mais devrait-on se poser les bonnes questions. Comment la horde d’assaillants a pu accéder à la ville garnison de Kati ce samedi matin? Y a-t-il eu flou artistique où les assauts terroristes auraient pu cacher d’autres initiatives inavouées et inavouables ?
B. Daou Le Républicain




