Edito : Bamako-Alger, via Anefis ?

Dans le cadre de la redynamisation des relations de coopération et d’amitié entre la République du Mali et la République algérienne démocratique et populaire, le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, Porte-parole du gouvernement a signé ce 10 Juillet, un communiqué portant sur deux points.  

Le premier point marque la fin d’une brouille diplomatique entre les deux pays, qui a entrainé depuis 2025 le rappel des ambassadeurs de part et d’autre et la fermeture de leur espace aérien. Le deuxième point décide de la « réouverture de l’espace aérien national à l’ensemble des aéronefs civils et militaires assurant des vols en provenance ou à destination de la République algérienne démocratique et populaire ».

Du ressort des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, le communiqué est signé par le ministre de l’Administration et de la Décentralisation, suscitant des interrogations, même s’il s’agit d’un communiqué du gouvernement.

Quelles sont les motivations réelles de la redynamisation subite des relations de coopération et d’amitié entre les deux pays, qui avaient des relations diplomatiques très tendues, depuis l’abattage d’un drone de l’armée malienne par les forces algériennes. Alger dévoilait ainsi son engagement à protéger les ennemis du Mali, se rangeant du côté des terroristes pour harceler et déstabiliser le Mali.

Pendant qu’Alger est soupçonnée de soutenir les groupes terroristes, le Mali a connu des moments tendus, comme l’attaque de l’école de gendarmerie, de l’aéroport, les attaques du 25 avril 2026 et celles récentes coordonnées contre plusieurs localités dont Anefis, et de là parle -t-on du chef des gangs terroristes, Iyad Ag Ghaly : mortellement touché ?

Pourquoi, c’est aux mêmes moments que le Mali consent avec l’Algérie de rouvrir leur espace aérien, ce qui peut avoir des conséquences sur la guerre et l’étau autour des terroristes, en laissant filer des chefs terroristes. Quels sont les tenants et les aboutissants de ces accords secrets entre Bamako et Alger, pendant que les FAMa mènent une guerre épique à Anefis et dans les régions du nord, et que le boulevard est tout balisé vers Kidal ? Le temps nous dira, si c’est Alger qui est toujours à la manœuvre au moment où les groupes armés criminels sont à genoux.

Entre l’annonce en avril dernier du soutien du Mali au plan marocain d’autonomie pour le Sahara occidental, le rejet par le Mali de la reconnaissance de la République saharaouie démocratique, s’opposant ainsi à la position algérienne, la victoire des FAMa à Anefis, les visites récentes dans le Sahel du ministre russe des affaires, Sergueï Lavrov, d’une part, et la dynamique du Général Abdourhamane Tiani Président du Niger, d’un renforcement des relations de coopération économique avec l’Algérie d’autre part, le fil d’Ariane est à trouver quelque part.

B. Daou

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