Coup dur pour la presse malienne: Mahamane Hameye Cissé laisse des confrères inconsolables

Décédé le jeudi 9 avril 2026, ses familles biologique et professionnelle, ses parents et proches ont conduit Mahamane Hamey Cissé en sa dernière demeure, le vendredi 10 avril 2026 après la prière du vendredi. Un public nombreux du monde des médias, dont des collaborateurs, ainés et cadets dans la profession, les parents et des représentants du gouvernement des institutions de la République, s’étaient donné rendez-vous dans son domicile à Hamdallaye pour un ‘’adieu’’ définitif. La prière mortuaire a eu lieu après la prière du vendredi à la grande mosquée d’Hamdallaye. Mahamane Hamey Cissé repose désormais au cimetière de Hamdallaye.
Ainsi, ce 9 avril 2026, il s’est retiré définitivement sans crier gare. « Business », aimait -il à dire, tel un leitmotiv, qui a guidé les pas de nombreux d’entre nous dans le journalisme, vient de poser sa canne. Allahou Akbar !
Il y en a qui sentant le vertige s’asseyent le temps qu’il passe. Mais il y en a qui refusent de s’asseoir, ils continuent sur le chantier, rabotent, peaufinent sans cesse, s’exténuent et tombent sur le chantier. Ils ont choisi de ne rien laisser au hasard, toute œuvre grandiose a coûté un sacrifice, et aucune refondation ne se fait dans le relâchement. Mahamane Hameye Cissé était de ces hommes dont l’espèce se raréfie, pour ne pas dire qu’elle est en voie d’extinction. Il s’est arrêté sur le chantier en cours, d’une presse malienne et africaine refondée.
Omniprésent sur tous les chantiers de la presse nationale et africaine, depuis la conférence nationale du Mali de 1991, jusqu’à ce jour, pour une presse libre, aucune virgule des textes de consolidation ou refondateur des media au Mali n’a échappé à sa vigilance. Constructeur, défenseur, promoteur de la liberté d’expression et de la presse, Mahamane Hameye Cissé a été de tous les combats pour qu’émerge un cadre de vie rayonnant pour les professionnels des media, en phase avec les valeurs d’éthique et le développement de l’ensemble de notre pays. Il nous a inoculé les vertus de la formation, de la résistance et de l’esprit confraternel. De l’affaire « la maîtresse du président », qui a conduit à la détention, des directeurs de publication en 2007, parmi lesquels Mahamane Hamey Cissé, à l’affaire Boukary Daou en 2013, nos liens se sont renforcés jusqu’à cette date fatidique du 9 avril.
De l’Association des Editeurs de Presse privée du Mali (ASSEP) à l’Union internationale de la presse francophone (UIPF), jusqu’au présent chantier du Forum panafricain des Médias, son passage a été remarquable.
Toujours attentionné des évolutions positives de la presse, il a été pour nous un « karamôkô » (maître) qui, à chaque rencontre, évalue et oriente ses cadets. Avec la même humeur, le même commerce facile, la même humilité. Dors en paix, et sache qu’avec le vide que tu nous laisses, le « Business » se complique davantage. Puisse Dieu te réserver le Firdaous ! Amen !


B. Daou

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