Edito : Attention au brouillage des pistes

Conjuguer l’ouverture de l’espace aérien avec l’Algérie d’une part et l’éventualité d’une intervention américaine au Mali d’autre part, c’est comme mettre le feu aux poudres. Qui peut affirmer la préférence de l’administration Trump à la « junte au pouvoir » ?
Pendant que rien n’a filtré de cet accord dont les rapides tractations sont restées jusque-là sécrètes, la diplomatie malienne et algérienne se gardant loin de tout bavardage à ce sujet. En tout cas, en l’absence de toute clarification, on a tendance à croire que la situation arrange plus Alger et qu’elle veut une accélération au plus pressé. Cette décision diplomatique, mais dont le communiqué a été signé 10 Juillet 2026 par le ministre malien de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, Porte-parole du gouvernement, intervient alors que les FAMa rendent la vie infernale aux groupes terroristes à Anéfis. Le terroriste en chef, Iyad Ag Ghaly a été annoncé mortellement touché. Alors que ce temps devrait être à la surveillance des frontières et de l’espace aérien, comme le lait sur le feu, afin d’empêcher les terroristes piégés comme dans une souricière, de quitter le pays, c’est en ce moment qu’intervint la décision de « réouverture de l’espace aérien national à l’ensemble des aéronefs civils et militaires assurant des vols en provenance ou à destination de la République algérienne démocratique et populaire ». Pourquoi ? Quelles sont les motivations réelles de la redynamisation subite des relations de coopération et d’amitié entre les deux pays, qui avaient jusque-là, des relations diplomatiques très tendues, depuis l’abattage d’un drone de l’armée malienne par les forces algériennes. Alger pouvait mal dissimiler son soutien aux ennemis du Mali, se rangeant du côté des terroristes pour harceler et déstabiliser ce pays. Sous les regards de ce voisin du nord, le Mali a connu des moments tendus, comme l’attaque de l’école de gendarmerie, de l’aéroport, les attaques du 25 avril 2026 et celles récentes coordonnées contre plusieurs localités au début du mois de juillet 2026 dont Anefis.
Bamako et Alger se regardaient en chiens de Faïence et l’inimitié entre les deux pays enflait de jour en jour, quand tout change brutalement, et peut-être faussement ! S’est-on suffisamment interrogé sur les tenants et les aboutissants de ces accords secrets entre Bamako et Alger, intervenu au moment où les groupes armés criminels étaient déjà à genoux à Anefis.
Depuis le 22 juillet dernier, l’information selon laquelle, l’administration Trump envisage une intervention militaire contre le groupe djihadiste JNIM au Mali, en rajoute à la confusion. L’information vient d’une publication de Washington post, l’un des quotidiens d’information les plus prestigieux et influents des États-Unis. Mais il n’y a eu aucune correspondance, aucun échange entre Bamako et Washington à ce sujet. Voilà tout le danger de l’affaire, qui appelle à bien étudier toutes les éventualités y compris à refermer l’espace aérien avec Alger.
Conjuguer l’ouverture de l’espace aérien d’une part et l’éventualité d’une intervention américaine au Mali d’autre part, c’est comme mettre le feu aux poudres. Qui peut affirmer la préférence de l’administration Trump à la « junte au pouvoir » ? Bamako est-il à l’abri de dangers venant d’Alger ou de Washinton ? On ne devrait pas s’amuser avec la queue du serpent à sonnette, ce n’est pas la queue du scorpion. Une frappe visant la capitale malienne pourrait être diversement interprétée : américaine ou algérienne ? Thats the question.
Jusque-là « la junte de Bamako », appelé ainsi par Paris, Washington et Berlin, se révèle indéboulonnable, défrayant tous les pronostics à souhait, présageant le Mali sombrer dans le chao, afin de faire main basse sur les ressources du pays. Le clavier de la révolte populaire contre le pouvoir est usé, les tentatives de renversement aussi. Il ne reste plus que l’usage des erreurs de frappe, objectif le chao. Que Dieu nous en préserve !

B. Daou

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