Edito : Un gouvernement, trois symboliques

Des signes avant-coureurs, comme à l’accoutumée, qui annoncent la gestation du gouvernement sont quasi absents dans les causeries de salon ou dans les journaux, même si tous convenaient de la nécessité d’un changement. C’est la quasi absence d’article de presse qui alerte l’opinion publique sur la composition en cours et l’imminence d’un nouveau gouvernement. Ce gouvernement est né à l’abri du tapage médiatique habituel annonçant l’avènement d’un gouvernement au Mali. Cette opacité est un symbole révélateur de la discrétion qui entoure la marche de l’Etat. C’est la trame d’une gouvernance d’Etat fort avec des hommes d’Etat en construction.
Le nouveau gouvernement du Général de division Abdoulaye Maïga comporte trois anciens ministres, qui ont été élevés au sommet de la hiérarchie ministérielle, juste après le Premier ministre. Honorifique et protocolaire, ne conférant pas de pouvoirs administratifs supplémentaires, le rang de ministre d’Etat dans les cas d’espèce, traduit l’importance politique du département et surtout le mérite de la personnalité qui en porte la charge. C’est la deuxième remarque de ce nouvel attelage dont le symbole est la récompense du mérite.
Les postes stratégiques de la Défense dans un pays en guerre contre le terrorisme avec des tentacules sur le développement économique et social ; de l’Economie et des Finances dans un élan de développement endogène ; et de Réconciliation, la Paix et la Cohésion nationale dans un pays dont les fils ont été savamment mis dos à dos; trois postes tenus de mains de fer par le Général de corps d’Armée Sadio Camara, Alousséni Sanou et le Général de corps d’Armée Ismaël Wagué, dont la reconnaissance du mérite ne se discute pas.
Ce n’est certainement pas la première fois qu’un gouvernement malien comporte des personnalités au rang de Ministre d’Etat. Des exemples font légion dans les gouvernements du Président Alpha Oumar Konaré, comme nous le rappelle Alassane Souleymane dans un article anthologique si opportun, dans l’Essor de ce vendredi, à retenir dans vos archives.
La troisième remarque qui découle de l’entrée de quatre nouveaux ministres traduisant une dynamique évolutive, du sang neuf insufflé dans le gouvernement. Ces arrivées ne doivent pas occulter les départs. La gouvernance vertueuse exige des mesures correctives des tares dans la gestion des affaires publiques. Les départements de l’Energie et de l’Eau ; de l’Agriculture, ont été caractérisés par une instabilité indescriptible avec la crise énergétique (les détournements de fonds et de carburant) d’une part, la mauvaise gestion à l’Office du Niger d’autre part. La bonne gouvernance exige des sacrifices que le pouvoir de transition s’est donné la peine de consentir, sans état d’âme. A suivre !
B. Daou

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