Les textes professionnels au cœur d’une table ronde

Mal disséminés, les textes professionnels sont méconnus du plus grand nombre des professionnels du métier d’informer, rendant difficile leur appropriation pour en faire de vrais instruments de travail et garantir la recherche de la vérité, l’impartialité et l’exactitude à servir à son public. Ce challenge pour les organisations professionnelles a conduit l’Institut pour la Démocratie et l’Education aux Médias (IDEM) et l’organisation canadienne Journalistes pour les Droits Humains (JDH) à organiser, le 9 septembre 2025 à la Maison de la presse, une TABLE RONDE sur ces textes. Elle a réuni les responsables des medias et des organisations professionnelles, comme participants, en présence du Coordinateur JDH au Mali, Moro Siaka Diallo, des experts d’IDEM Sadou A. Yattara et Mahamane H. Cissé.

La presse malienne, après avoir joué un rôle majeur dans l’avènement de la démocratie et le renforcement de la citoyenneté, ainsi que des droits humains, questionne son avenir. Les vulnérabilités informationnelles comme la désinformation, le discours de haine et autres déviations sont des défis présents à relever à tout prix pour un métier d’informer plus éthique et responsable. « A côte du prolifique cadre juridique, il y a les textes techniques ou professionnels qui cultivent le professionnalisme, la modération, la protection des services offerts, le respect de l’autre, tous élaborés par les professionnels des médias, eux-mêmes. Ce sont bien-sûr des instruments d’auto discipline de la presse dont le respect sert à arbitrer les conflits en son sein, entre elle et les particuliers, les usagers », a souligné Sadou Abdoulaye Yattara, Coordinateur de IDEM. En général, tous les textes du genre Code/Charte/Déclaration, qu’ils soient initiés par les rédactions, les entreprises de presse, les journalistes, n’omettent jamais de mentionner qu’ils veillent à la sauvegarde de l’information, la liberté d’expression et de la presse ou l’accès à l’information, dit-il.

Parmi ces textes techniques ou professionnels, on note, leCode de déontologie du journaliste au Mali ; le Code de bonne conduite des médias en période électorale ; 20 règles pour un journalisme exigeant, éthique et responsable ; la Charte d’antenne des radios et télévisions du Mali ; la Charte des blogueurs du Mali. Il y a également une charte spécifique pour le respect des droits des enfants, et une autre pour le respect des images et de l’expression des femmes. A ces textes s’ajoutent d’autres internationaux, comme la Charte de Munich/Déclaration des devoirs et des droits des journalistes ; la charte d’éthique mondiale des journalistes de la Fédération Internationale des Journalistes (FIJ). Mais mal disséminés, certains textes nationaux sont méconnus du plus grand nombre des professionnels du métier d’informer, ce qui rend difficile leur appropriation pour en faire de vrais instruments de travail et garantir la recherche de la vérité, l’impartialité, l’équité, l’exactitude à servir à son public.

Le challenge pour les organisations professionnelles, la profession en général, de réussir leur application, leur observation, a conduit l’Institut pour la Démocratie et l’Education aux Médias (IDEM) et l’organisation canadienne Journalistes pour les Droits Humains (JDH) à organiser une TABLE RONDE sur ces textes. Ayant réuni les responsables des medias et des organisations professionnelles, cette table ronde a contribué à « l’appropriation, à la vulgarisation et dissémination des textes professionnels encadrant la pratique du métier d’informer au Mali d’abord, au niveau stratégique c’est-à-dire auprès des responsables éditoriaux et des responsables associatifs des médias avec cette certitude qu’il faut aussi ratisser large, jusqu’au niveau opérationnel, auprès des reporters », a indiqué Sadou A. YATTARA, Coordinateur général de l’IDEM.

Cette activité s’inscrivait dans la mise en œuvre du Projet « Lutte contre la désinformation et les discours de haine pour renforcer les droits humains, la cohésion sociale et la bonne gouvernance au Mali » exécuté par JDH, avec le soutien financier de la Fondation Nationale pour la Démocratie, connue sous l’acronyme anglais de NED. Cette table ronde vient à point nommé, au moment où la Maison de la presse a initié un processus de relance et de mise en œuvre d’un organe d’autorégulation des médias nationaux dont les textes professionnels sont les instruments de travail.

Aussi, les participantes et les participants doivent-ils contribuer efficacement à l’appropriation, à la vulgarisation et à la dissémination des textes professionnels encadrant la pratique du métier d’informer au Mali, a conclu le responsable de IDEM.

Le Républicain

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