FAO : le Mali à la recherche d’alternatives au bois-énergie

L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) accompagne le Mali dans la recherche de solutions permettant de réduire la pression exercée sur les ressources forestières par l’utilisation du bois-énergie. Le Mali dispose d’un important potentiel en ressources naturelles, mais celles-ci sont confrontées à une dégradation croissante. Les terres potentiellement forestières représenteraient environ 4 % des 124 millions d’hectares que fait le pays, tandis que 36 % seraient utilisables pour l’agriculture et l’élevage. La dégradation de l’environnement constitue aujourd’hui une menace pour les différents piliers du développement durable. La deuxième session du comité de pilotage du projet « Appui aux alternatives au bois-énergie » s’est tenue jeudi 24 septembre 2026, à la Direction des Finances et du Matériel (DFM) de l’Agriculture. L’objectif principal de cette session était d’examiner et valider le rapport pré-final de l’étude, ses principaux constats, ses recommandations ainsi que les orientations proposées pour la mise en place d’un programme national d’alternatives au bois-énergie.
Réunissant plusieurs acteurs impliqués dans la protection de l’environnement et la gestion durable des ressources naturelles, la rencontre était présidée par Soumana Fofana, conseiller technique au ministère de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable, représentant la ministre, avec à ses côtés Maurice Koné, Chargé de programme et Assistant du Représentant de la FAO au Mali, ainsi que plusieurs responsables et partenaires du projet. L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) poursuit son accompagnement du Mali dans la recherche de solutions permettant de réduire la pression exercée sur les ressources forestières par l’utilisation du bois-énergie. C’est dans ce cadre que s’est tenue la deuxième session du comité de pilotage du projet « Appui aux alternatives au bois-énergie ».
Le Mali dispose d’un important potentiel en ressources naturelles, mais celles-ci sont confrontées à une dégradation croissante. Selon les données citées lors de la rencontre, le pays couvre une superficie de plus de 124 millions d’hectares, dont près de 60 % de zones désertiques. Les terres potentiellement forestières représenteraient environ 4 %, tandis que 36 % seraient utilisables pour l’agriculture et l’élevage. L’économie malienne repose en grande partie sur l’exploitation des ressources naturelles, notamment à travers les systèmes de production familiale. L’agriculture contribue à hauteur de 16,2 % au produit intérieur brut (PIB), l’élevage 15,2 %, le sous-secteur forestier 7,2 % et la pêche 5 %, selon les données de l’INSTAT citées dans les documents du projet.
Pour Maurice Koné, la dégradation de l’environnement constitue aujourd’hui une menace pour les différents piliers du développement durable.
« On assiste à une dégradation de l’environnement qui menace fortement l’avenir du pays au niveau de tous les piliers du développement durable : économique, social, culturel et environnemental », a-t-il expliqué.
Cette situation comporte également une dimension sécuritaire. La raréfaction des ressources forestières peut en effet accroître les tensions entre les communautés autour de l’accès aux ressources naturelles. « Sur le plan sécuritaire, l’accès aux ressources forestières en voie d’amenuisement attise les conflits », a souligné le représentant de la FAO. Il a rappelé que le projet répond à une requête formulée par le Gouvernement malien à travers le ministère de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable. L’appui de la FAO vise ainsi à contribuer à la réduction de l’impact de l’exploitation du bois-énergie sur l’environnement au Mali.
Représentant la ministre de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable, Soumana Fofana a indiqué que le projet s’inscrit pleinement dans les priorités gouvernementales en matière de protection de l’environnement, de gestion durable des ressources forestières et de promotion de modes de production et de consommation plus durables. Selon lui, la mise en œuvre du projet devrait permettre de capitaliser les acquis des initiatives et programmes déjà réalisés ou en cours au Mali dans le domaine des alternatives au bois-énergie, aussi bien en milieu rural que dans les centres urbains. Elle devrait également contribuer à actualiser les données relatives aux ressources forestières, à l’utilisation des terres, à leur potentiel et à leur niveau de dégradation, tout en identifiant les possibilités de restauration et de valorisation durable. Le projet prévoit par ailleurs une meilleure diffusion des résultats de l’étude auprès des différents acteurs concernés, notamment les décideurs, les services techniques, les collectivités territoriales, le secteur privé, les organisations de la société civile et les communautés.
« La réalisation de ces différents produits constituera, sans aucun doute, une contribution significative à la mise en œuvre des priorités de notre Département en matière de gestion durable des ressources forestières, de restauration des écosystèmes et de transition énergétique », a déclaré Soumana Fofana.
Au cours de la session, une étude consacrée à la problématique de l’adoption des énergies de substitution au bois-énergie a également été présentée par Modibo Coulibaly. Cette étude porte notamment sur le diagnostic des sources d’approvisionnement en énergie dans le cadre du projet d’appui aux initiatives d’alternatives au bois-énergie au Mali. Les échanges autour de cette étude ont permis aux membres du comité de pilotage d’examiner les enjeux liés à l’adoption de solutions énergétiques alternatives et les conditions nécessaires à leur développement.
À travers cette initiative, la FAO et ses partenaires entendent ainsi accompagner le Mali dans une transition vers des solutions énergétiques plus durables, tout en contribuant à la préservation des ressources forestières et à la restauration des écosystèmes.

Hawa Niangaly

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