L’Ambassadrice des États-Unis au Mali, Madame Rachna KORHONEN a, ce lundi 2 mars 2026, notifié au Premier ministre malien, Chef du Gouvernement le Général de Division Abdoulaye MAIGA, la levée des sanctions contre des Militaires maliens. Trois jours avant, le vendredi 27 février 2026, un communiqué du Trésor américain a retiré de sa liste noire, le nom de trois responsables militaires maliens : le ministre de la Défense et des Anciens Combattants, le Général de corps d’armée Sadio Camara ; le Chef d’état-major de l’Armée de l’air (CEM-AA), le Général de Brigade Alou Boï Diarra ; et son adjoint, le Général Adama Bagayoko.
Pour donner acte, Madame l’Ambassadrice a été reçue en audience par le Premier ministre en présence du ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération Internationale, Abdoulaye DIOP. Le Premier ministre a, au nom du Président de la Transition, Chef de l’Etat, apprécié positivement à sa juste valeur cette décision des Etats-Unis, de lever les sanctions contre ces officiers maliens. Pour les Hautes Autorités maliennes, cette mesure est de nature à améliorer les relations entre les deux pays, tout en réitérant le respect de la souveraineté nationale. Le Premier ministre s’est réjoui des avancées enregistrées dans le domaine de la coopération bilatérale et le dialogue politique, ainsi que de « la nouvelle orientation des Autorités américaines, consistant à exploiter les opportunités économiques et commerciales dans un esprit de partenariat gagnant gagnant ».
Le mot « partenariat gagnant gagnant » parait comme l’os de la parole, et il est prononcé au bon lieu et au bon moment. Cependant, nul n’est besoin de rappeler l’adage de la relation entre le gorille et la colline, la crainte qui est celle du chat échaudé face à l’eau froide. Entre les Etats-Unis et le Mali et les Etats-Unis, les tempêtes ne doivent pas faire oublier le beau temps, mais quand les amis américains ont comme Président, un expansionniste d’empire, qui s’appelle Donald Trump, la marche du caméléon peut être la meilleure démarche : la prudence. Quand ton ami te parle d’élections et de démocratie, de paix, de sécurité et de développement, et c’est toujours lui qui menace, enlève et bombarde d’autres, en violation des règles convenues de l’ordre nationale et internationale ; une telle relation devient inquiétante à l’idée qu’elle ne se transforme en amitié entre la corde et le cou du pendu.
Le Mali et les pays de l’AES n’ont demandé qu’un partenariat gagnant gagnant, où chacun respecte la souveraineté de l’autre. Il y a eu ce beau temps avec l’USAID, le Mali a également expérimenté le ‘’Millennium Challenge Corporation (MCC)’’, une agence d’aide étrangère américaine indépendante, pour réduire la pauvreté par la croissance économique durable, mais aussi les exercices Flintlock pour lutter contre les organisations extrémistes violentes, dans lesquelles les groupes armés affiliés à al Qaida ou à l’Etat islamique (EI) peuvent être éligibles. Dans les domaines de la Santé ou de la production et le commerce, et de la coopération culturelle, Maliens et Américains ont partagé des moments devenus des souvenirs, les relations diplomatiques ont connu un hiver exécrable, avec des mesures d’austérité et des réponses de réciprocité. Les sanctions américaines contre les hauts responsables militaires maliens avaient été imposées pour des liens présumés avec la Milice russe Wagner. Ils avaient été accusés d’avoir facilité le déploiement et l’expansion des activités du groupe Wagner au Mali. Depuis octobre 2025, le Mali a été retiré de la liste du « Visa Bond Pilot Program », qui exonère de l’obligation de verser une caution pour l’obtention d’un visa américain. En réponse à ces restrictions, fin 2025, le Mali applique le principe de réciprocité en imposant des visas, aux ressortissants américains. « Si le désir des Etats-Unis de renouer et redynamiser les liens avec le Mali du Général Assimi Goïta, dans le respect de la souveraineté et des choix stratégiques du Mali est claire, cependant certains continuent de s’interroger sur ce virage spectaculaire du pays de Donald Trump », souligne un article de Laviesahel.com : « Lutte contre le terrorisme : les Américains au Mali malgré l’influence russe ? ». Les Etats-Unis ont-ils compris qu’il est important de reprendre sa place aux côtés du Mali, qui avance résolument avec ses alliés stratégiques : la Russie, la Chine, la Turquie, les Emirats arabes Unis, l’Inde, le Brésil etc. Le Mali est un pays au sous-sol riche, avec des gisements d’or, du lithium et du pétrole, dont l’exploitation et les investissements nécessitent une stabilité sécuritaire dans le pays, indique Laviesahel.com « Washinton va-t-il finalement prendre part à la lutte contre le terrorisme au Mali, malgré l’influence russe et la présence d’Africa corps ? », s’interroge notre confrère. Le propos du Premier ministre malien est plutôt clair quand il souligne « la nouvelle orientation des Autorités américaines, consistant à exploiter les opportunités économiques et commerciales dans un esprit de partenariat gagnant gagnant »
B. Daou




