Edito : On en a marre, on veut le développement maintenant !

C’est le Sommet Russie -Afrique, donc celui de toutes les attentes pour les pays africains, et en particulier pour le trio de la confédération AES : le Mali, le Burkina Faso et le Niger. Le Mali n’entend pas se faire conter le troisième Sommet, qui a effectivement démarré à Moscou, ce 28 Octobre, sous la coprésidence du Président russe Vladimir POUTINE et de celui en exercice de l’Union africaine, le Président burundais Évariste NDAYISHIMIYE.

Le président de la transition Général d’armée Assimi Goïta, Chef de l’Etat, y participe pour la deuxième fois aux côtés de ses homologues africains. Le président nigérien le Général d’armée Tiani Abdourahamane est présent à Moscou ; le Premier ministre du Burkina Faso Rimtalba Jean Emmanuel OUEDRAOGO représente son pays. Ces présidents et chef de gouvernement de l’AES sont accompagnés chacun par une forte délégation de ministres et de hauts cadres, pour honorer ce grand rendez-vous de Moscou.

Il s’agit d’aller à cette rencontre pour en revenir avec les clés de la prospérité : contrats d’investissement dans les infrastructures énergétiques, de production agricole, de transformation locale, d’échanges commerciaux, de transport, mais aussi des services sociaux déclinés en volet humanitaire.

Ces préoccupations africaines en général, nourrissent les difficultés particulières dans les Etats du Sahel confrontés à des défis sécuritaires et de développement, dont les choix de solutions provoquent des grincements de dents au niveau des relations internationales, mettant ces Etats face à des enjeux diplomatiques et géostratégiques. Ainsi pour l’AES Moscou ne représente pas moins « la forge où le fer se façonne », selon un proverbe bamana.

Moscou affiche son ambition de porter les échanges commerciaux entre la Russie et l’Afrique à plus de 50 milliards de dollars. Mais les promesses ne disent plus rien aux Maliens, citoyens d’un pays pauvre très endetté (PPTE) ou pays moins avancé (PMA) appellation plus atténuée et respectable utilisée par l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC).

Décaissés, une bonne partie des montants alloués retournent à la source dans les poches des partenaires (coopérants ou assistants) tandis que le reste des faramineux milliards de dollars sont allègrement détournés par des décideurs nationaux. On se fait une idée en se référant aux rapports du Vérificateur Général, de l’Office central de Lutte contre l’Enrichissement illicite, de la Cellule nationale de Traitement des Informations financière (CENTIF) etc. Le Malien n’est plus cet enfant de cœur qui s’accommodera à chaque fois de repousser les échéances du développement. On en a marre, on veut le développement maintenant !

B. Daou

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