Le Cadre intégré renforcé (CIR) est le seul partenariat multilatéral mondial spécifiquement dédié à l’intégration des PMA dans le système commercial mondial. Il est dirigé par la Guinéenne Aïssatou Diallo, qui en est la Secrétaire exécutive avec ses bureaux à Genève. Elle a donné une conférence de presse, le samedi 28 mars 2026 au Palais des Congrès de Yaoundé. Lors de la 14ème Conférence ministérielle de l’OMC (CM14) tenue à Yaoundé, le CIR a lancé sa phase III, qui compte mobiliser 200 millions de dollars pour renforcer les capacités commerciales des PMA. Au titre de cette Phase III du CIR, l’accent n’est plus mis sur les projets autonomes, mais sur les programmes-pays pluriannuels visant à aider les PMA à renforcer leurs capacités en matière de commerce et d’investissement de manière durable.
Cette nouvelle phase a été lancée le 25 mars à Yaoundé, lors d’une activité co-organisée en marge de la quatorzième Conférence ministérielle de l’OMC (CM14) par le Cambodge, les Émirats arabes unis et le Secrétariat exécutif du CIR. En effet, le CIR a reçu de nouvelles annonces de contributions de l’Allemagne, du Liechtenstein, de la Norvège, du Royaume-Uni et de la Suisse.
La CM14 a servi de plateforme pour mobiliser des ressources et définir les priorités de la troisième phase de ce programme essentiel. De nouvelles contributions ont été annoncées à l’occasion du lancement de la troisième phase, qui vise à rendre l’impact plus visible sur le terrain, avec un renforcement de l’investissement et le commerce comme leviers de croissance.
Le Cadre intégré renforcé (CIR) est le seul partenariat multilatéral destiné exclusivement à aider les pays les moins avancés (PMA) à utiliser le commerce comme moteur de la croissance, du développement durable et de la réduction de la pauvreté. Le partenariat du CIR, qui regroupe 51 pays, 24 donateurs et 8 organisations partenaires travaille, en étroite collaboration avec les gouvernements, les organisations de développement, la société civile et les milieux universitaires.
Lors du lancement de la phase III, la Directrice générale Ngozi Okonjo-Iweala a appelé à nouer des partenariats solides pour atteindre les objectifs de la Phase III du Cadre intégré renforcé (CIR), un mécanisme visant à mobiliser et à coordonner le soutien aux priorités des pays les moins avancés (PMA) en matière de commerce et d’investissement.
L’activité a réuni des ministres et des hauts fonctionnaires des PMA et des partenaires de développement, ainsi que des représentants d’organisations internationales, d’institutions régionales et du secteur privé. Les intervenants ont souligné combien les partenariats, l’appropriation par les pays et un soutien coordonné étaient essentiels pour garantir que le commerce et l’investissement contribuent à une transformation économique durable et inclusive.
La Phase III du CIR est une nouvelle phase de six ans du partenariat visant à aider les PMA à rentabiliser le commerce et l’investissement, assurer un développement inclusif, résilient et durable. Les nouvelles annonces de contributions proviennent d’Allemagne (1,7 million d’EUR, soit environ 1,5 million de CHF), du Liechtenstein (50 000 CHF), de la Norvège (40 millions de NKR, soit environ 3,2 millions de CHF), de la Suisse (2,5 millions de CHF) et du Royaume-Uni (5 millions de GBP, soit environ 5,3 millions de CHF).
« Cette troisième Phase du CIR intervient à un moment décisif pour les PMA et les pays récemment sortis de cette catégorie. Les vulnérabilités structurelles bien connues sont aggravées par les perturbations du système commercial mondial, les jeux de pouvoir, les pressions liées à la dette, les changements climatiques et l’incertitude économique mondiale. Dans le même temps, le contexte mondial actuel offre aux PMA des possibilités non négligeables de tirer parti du commerce pour stimuler la croissance, le développement et la création d’emplois », a déclaré la Directrice générale de l’OMC Okonjo-Iweala. Elle a souligné la nécessité de renforcer le soutien et les partenariats afin de relever les défis associés à cette nouvelle phase. « Le CIR a permis aux PMA de mettre en place des cadres nationaux essentiels pour renforcer leurs capacités commerciales, posant ainsi les bases de politiques commerciales cohérentes et tournées vers l’avenir. Grâce à nos efforts collectifs avec les donateurs et les principaux partenaires de développement, la Phase III du CIR jouera un rôle encore plus crucial pour apporter des avantages concrets aux PMA en approfondissant la diversification économique, en tirant parti du commerce numérique, en respectant les normes de durabilité en constante évolution et en renforçant la résilience », a indiqué la Ministre cambodgienne du commerce, Mme Cham Nimul, lors du lancement.
Selon Abdelsalam Mohamed A. Al Ali, Ministre plénipotentiaire et représentant des Émirats arabes unis auprès de l’OMC, « les Émirats arabes unis sont déterminés à aider les PMA à tirer parti des possibilités de croissance économique offertes par le commerce et l’investissement et est fermement résolu à renforcer la résilience économique des pays les plus défavorisés. Alors que nous entamons la Phase III, nous espérons que ce partenariat sera encore plus catalyseur, innovant et véritablement transformateur ».
Ainsi, la Directrice exécutive du Secrétariat exécutif du CIR, la Guinéenne Aissatou Diallo, a laissé entendre sa confiance dans le processus, déclarant que, « Ces nouvelles annonces de contributions donnent un puissant élan à la Phase III, contribuant ainsi à assurer un démarrage solide à cette phase d’activités, dont l’objectif est de produire un effet catalyseur et transformateur pour les PMA grâce au commerce et à l’investissement, en favorisant une croissance durable et la prospérité ».
Au titre de la Phase III du CIR, l’accent n’est plus mis sur les projets autonomes, mais sur les programmes-pays pluriannuels visant à aider les PMA à renforcer leurs capacités en matière de commerce et d’investissement de manière durable. L’objectif est d’aider les PMA à mieux s’intégrer dans le système commercial mondial, tout en remédiant à leurs vulnérabilités structurelles et en leur permettant de saisir de nouvelles possibilités dans des domaines tels que le commerce numérique, les services, les chaînes de valeur vertes et l’intégration régionale
Cap sur la mobilisation de capitaux
Présentant sa stratégie Aïssatou Diallo, Directrice exécutive du Cadre intégré renforcé (CIR) jeté un regard sur le chemin parcouru et les résultats obtenus par la phase II. Plus de 221 projets ont été déployés, générant plus de 2,3 milliards de dollars de transactions au bénéfice du secteur privé. Dans plusieurs pays africains, le CIR a contribué à structurer des chaînes de valeur agricoles et industrielles, dont la mangue au Mali et au Sénégal, le beurre de karité au Burkina Faso, l’ananas au Bénin, des cuirs au Tchad.
La Directrice exécutive Mme Aïssatou Diallo a indiqué que le Cadre intégré renforcé a déjà accompagné près de 30 000 micros, petites et moyennes entreprises avec plus de 57 000 emplois directs créés, dont une majorité au bénéfice des femmes, mettant ainsi l’accent sur la portée socio-économique de ce programme.
Recadrage en phase III
La phase III, mettra l’accent sur le lien entre commerce et investissement, l’amélioration du climat des affaires, la mobilisation de capitaux, le développement d’infrastructures productives et l’accompagnement de la transformation locale des matières premières.
Il s’agit d’intégrer que les PMA ne se tirerait pas d’affaire en se limitant à l’exportation des produits bruts, mais qu’il faut créer la valeur ajoutée locale, avec la transformation industrielle ou semi-industrielle. Pour Mme Aïssatou Diallo, la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) est une opportunité pour les PMA.
Selon elle, la mise en œuvre du programme repose sur des unités nationales au sein des ministères du commerce ou de l’industrie, pour coller aux les priorités des pays bénéficiaires. Ce dispositif permet d’intervenir directement auprès des entreprises et des coopératives, tout en valorisant l’expertise locale et en renforçant les capacités institutionnelles.
B. Daou




