Comme Me Amidou Diabaté qu’il a récemment accompagné à sa dernière demeure, Soumana Sako s’en est allé à l’âge de 74 ans. Ses obsèques auront lieu le samedi 18 octobre à 16h à Faladié, près de l’IJA et du Lycée du Progrès. La dernière apparition publique de Soumana Sako, c’est certainement aux obsèques de Me Amidou Diabaté, le samedi 11 Octobre à Baco Djicoroni ACI.
« Il n’était pas malade », nous confie une de ses plus proches collaboratrices, cependant il a été arraché à notre affection. Soumana Sako allait rencontrer les jeunes du quartier, ce mercredi 15 Octobre à 15 heures, autour d’un évènement social, le baptême.
Hier mardi, l’ancien Premier ministre, Soumana Sako a passé la journée dans son champ, pas pour se reposer. Il a débroussaillé et rempli les barils, et a programmé d’y retourner en fin de semaine pour brûler les arbustes coupés. Le soir à la maison, il a regardé la télé comme d’habitude, après avoir mangé. Il causait et riait, selon la famille. Il ne dort pas tôt, et se lève pour ses prières à cinq heures, nous confient ses proches. Après la prière du matin, il est resté tourné vers l’Est.
Comme d’habitude, le petit déjeuner est à 7 heures. Ce mercredi matin, il a fallu que Madame son épouse vienne le chercher, mais il ne répondit pas aux appels de cette dernière, qui l’implora alors de lui répondre et de lui parler. Peine perdue, l’ancien Premier ministre du Mali sous la transition de 1991 et l’ancien ministre des Finances de Moussa Traoré venait de rejoindre le royaume des cieux.
On ne le dira jamais assez, Soumana Sako, l’enfant de Niamina a eu la réputation de « Monsieur salaire », qui a su renflouer les caisses de l’Etat, et régulariser les salaires (de trois mois d’arriérés), par une gestion rigoureuse des Finances publiques, notamment les recettes douanières et les impôts, sous la présidence du Général Moussa Traoré. Sur les énormes ressources financières réalisées en quelques mois, le jeune ministre des Finances de l’époque, qui ne s’embarrassait pas de considérations politiques des caciques du régime, donnaient la possibilité, en plus des salaires, d’ouvrir de grands chantiers pour le développement du pays. Mais hélas, il va très tôt jeter l’éponge à cause de l’étau des pressions internes au parti unique au pouvoir, qui se resserrait autour de lui et ne lui laissait pas d’autres alternatives. Dors en paix, vaillant cadre patriote du Mali!
En l’espace de deux mois, ce sont plusieurs anciens chefs de partis politiques qui décèdent à l’instar de Tiebilé Dramé, de Me Hassan Barry, de Me Amidou Diabaté et de Soumana Sako. Ils nous quittent quand le pays traverse une situation sécuritaire, économique et social difficile, qui appelle à l’union sacrée des Maliens autour du Mali à nous tous. Ensemble, nous réussirons !
Le Républicain




