Le Mali consolide sa souveraineté sur les mines de Loulo-Gounkoto
« Le Gouvernement de la République du Mali a conclu un accord de règlement avec la société Barrick Gold mettant fin au différend relatif à l’exploitation de la mine d’or de Loulo-Gounkoto. Selon l’accord, toutes les charges contre la société Barrick et ses employés seront abandonnées, et les procédures judiciaires pour la libération de ses employés détenus seront engagées », selon une note signée du Ministère des Mines ue nous avons vérifiée authentique auprès du département.
« C’est un accord qui met définitivement la crise derrière nous avec la libération des agents de Barrick, qui étaient en détention jusque-là », commente une source proche du dossier. Les détails seront fournis à la télévision nationale au JT de 20 h ajoute notre interlocuteur. Ce lundi 24 novembre 2025, le Ministre de l’Economie et des Finances et son collègue des Mines ont reçu à l’hôtel des finances une délégation de la société conduite par l’un de ses administrateurs Mamadou SAMAKE, indique la note du Ministère des Mines.
Selon l’accord, toutes les charges contre la société Barrick et ses employés seront abandonnées, et les procédures judiciaires pour la libération de ses employés détenus seront engagées. « Les missions de l’administration provisoire du complexe Loulo-Gounkoto prendront donc bientôt fin, le contrôle opérationnel revenant entièrement à Barrick. De même, dans le cadre dudit accord la société Barrick s’engage à retirer sa demande d’arbitrage actuellement en instance devant le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI) », précise la note.
Ainsi, cet accord marque la fin d’une période conflictuelle entre la société minière et le Gouvernement malien, qui avait placé le complexe minier sous administration provisoire. La résolution de ce différend permet ainsi à Barrick de reprendre bientôt ses opérations normales dans les mines de Loulo- Gounkoto, au grand bonheur des employés, des communautés riveraines et de l’économie malienne. Selon le département des Mines, cet accord de sortie de crise à la mine d’or de Loulo-Gounkoto, intervient après plusieurs mois de négociations entre les deux parties.
De son côté, la société Barrick Mining Corporation a confirmé la signature d’un accord avec le gouvernement malien pour mettre fin à un différend prolongé autour du complexe minier aurifère Loulo-Gounkoto.
« Cet accord prévoit que Barrick abandonne sa procédure d’arbitrage devant le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (ICSID). En retour, le Mali accepte de retirer toutes les accusations portées contre Barrick, ses filiales et ses employés. Le gouvernement s’engage également à libérer quatre employés de Barrick qui étaient détenus dans le cadre du conflit », indique un communiqué de la société canadienne Barrick Mining Corporation.
La société canadienne précise que « L’accord intègre implicitement des dispositions liées à la mise en œuvre du nouveau code minier malien, adopté en 2023, qui accroît la part des revenus miniers revenant à l’État, tout en garantissant la viabilité économique du complexe pour Barrick. Les deux parties se sont engagées à poursuivre leur coopération future dans un cadre réglementaire clarifié », explique le communique. Cependant, les détails financiers précis, notamment les modalités exactes de partage des revenus ou le pourcentage de participation de l’État, n’ont pas été rendus publics.
« Ce compromis met un terme à une période de tensions marquée par la saisie de plusieurs tonnes d’or en début 2025, la suspension des activités minières, et l’arrestation d’employés. L’accord ouvre la voie à la reprise des opérations normales sous la gestion de Barrick », indique la société. Mais ni le Ministère, ni Barrick n’indiquent dans leurs communiqués respectifs, quel sort est réservé à plusieurs tonnes d’or saisies en debut 2025 par le gouvernement malien. Barrick a salué cet accord comme « un pas important vers la stabilisation de ses activités au Mali, tandis que le gouvernement malien attend de garantir un juste équilibre entre développement économique et intérêt national », souligne la société minière. Cet accord intervient après le rejet le 29 Octobre dernier, par le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI), de la demande d’urgence de la société Barrick introduite contre le Mali en décembre 2024. Ce revers subi par la société Barrick l’a-t-elle persuadée à trouver un terrain d’entente avec le gouvernement malien ?




