Lutte contre le terrorisme : les Américains au Mali malgré l’influence russe ?

Vendredi 27 février 2026, un communiqué du Trésor américain a retiré de sa liste noire, le nom de trois responsables militaires maliens : le ministre de la Défense et des Anciens Combattants, le Général de corps d’armée Sadio Camara ; le Chef d’état-major de l’Armée de l’air (CEM-AA), le Général de Brigade Alou Boï Diarra ; et son adjoint, le Général Adama Bagayoko. L’annonce a été faite par un communiqué du département américain du Trésor. Les sanctions américaines avaient été imposées pour des liens présumés avec la Milice russe Wagner. Les hauts responsables militaires avaient été accusés d’avoir facilité le déploiement et l’expansion des activités du groupe Wagner au Mali.
Ce changement de regard des Etats-Unis sur les autorités militaires maliennes est interprété comme un réajustement stratégique, après la visite à Bamako de hauts responsables du Département d’État pour relancer la coopération bilatérale, notamment sécuritaire. Des rencontres de haut niveau, fructueuses ont eu lieu entre Américains et Maliens. Le 2 février 2026, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale (MAECI), Abdoulaye Diop, a reçu Nick Checker, Haut Fonctionnaire du Bureau des affaires africaines du Département d’État, en présence de Madame l’Ambassadeur des États Unis au Mali Rachna Korhonen. « Les échanges ont porté sur les perspectives de relance de la coopération bilatérale dans les domaines d’intérêt commun, notamment les questions sous-régionales et nationales relatives à la lutte contre le terrorisme, ainsi que la promotion des échanges économiques et commerciaux dans le cadre d’un partenariat gagnant-gagnant », précise un article du Bureau de l’Information et de la Presse/MAECI.
Le Diplomate américain a, au nom des plus hautes Autorités de son pays, a réaffirmé le respect des États-Unis pour la souveraineté du Mali et la volonté de l’Administration américaine de redynamiser la coopération bilatérale avec le Mali, sur des bases nouvelles, empreintes de respect mutuel et sans aucune forme d’ingérence. A cette occasion, le Ministre DIOP a salué cette « nouvelle approche américaine et a souligné l’importance pour la dynamique ainsi amorcée, de s’inscrire dans un cadre qui tienne compte des évolutions géopolitiques, particulièrement la dimension sous-régionale, à savoir la Confédération des États du Sahel (AES) », selon le Bureau de l’Information et de la Presse/MAECI.
Des observateurs s’accordent sur le fait que de nouvelles collaborations sécuritaires entre Américains et autorités maliennes de la Transition, devraient forcement porter sur « le partage de renseignements pour faire face aux défis du Sahel », un soutien technique et éventuellement la fourniture d’équipements.
Depuis, on note un changement de ton diplomatique, marquant un virage par rapport aux critiques antérieures sur la gouvernance. La levée des sanctions contre des Hauts responsables militaires maliens, constitue un assouplissement de la position des Etats-Unis, après des tensions liées au groupe Wagner. Cet abandon des sanctions est un geste de Washington pour restaurer la confiance après des tensions diplomatiques entre les deux pays. Depuis octobre 2025, le Mali a été retiré de la liste du « Visa Bond Pilot Program », qui exonère de l’obligation de verser une caution pour l’obtention d’un visa américain. En réponse à ces restrictions, fin 2025, le Mali applique le principe de réciprocité en imposant des visas, aux ressortissants américains.
Ainsi les Etats-Unis s’inscrivent dans la nouvelle dynamique de l’Alliance des États du Sahel (AES), reposant sur la Diplomatie, la Sécurité et le Développement. Le désir de renouer et redynamiser les liens avec le Mali du Général Assimi Goïta, dans le respect de la souveraineté et des choix stratégiques du Mali est claire ? Cependant certains continuent de s’interroger sur ce virage spectaculaire du pays de Donald Trump. Les Etats-Unis ont-ils compris qu’il est important de reprendre sa place aux côtés du Mali, qui avancent résolument avec ses alliés stratégiques : la Russie, la Chine, la Turquie, les Emirats arabes Unis, l’Inde, le Brésil etc. Le Mali est un pays au sous-sol riche, avec des gisements d’or, du lithium et du pétrole, dont l’exploitation et les investissements nécessitent une stabilité sécuritaire dans le pays. Washinton va-t-il finalement prendre part à la lutte contre le terrorisme au Mali, malgré l’influence russe et la présence d’Africa corps ?
B. Daou

Étiquetté :

Newsletter