Remontant aux années 1960, avec les présidents Modibo KEÏTA et Nikita KHROUCHTCHEV, les relations diplomatiques entre le Mali et la Russie (URSS à l’époque) a aujourd’hui 66 ans.
Le Mali depuis sa première République évolue comme un pays non aligné, pour se démarquer de l’aliénation diplomatique à l’endroit des anciennes puissances coloniales et impérialistes, car malgré les indépendances proclamées, les Etats coloniaux ont continué de garder leurs jougs de domination et d’exploitation au cou des anciennes colonies devenues Etats. Dans certains cas, les armées impérialistes sont revenues comme instrument de domination sous un vernis de la coopération militaire, tandis qu’elles ne sont jamais parties dans d’autres cas.
Exploitées par des puissances étrangères (à travers leurs sociétés et multinationales) suivant leurs conditions, les ressources minérales et les opportunités d’enrichissement n’ont jamais profité aux populations de nos pays pour leur procurer le bien être, en termes de santé, d’éducation, de sécurité, d’environnement sain et d’émergence économique à travers de meilleures conditions de production, de transformation et de commercialisation.
En 60 années d’indépendance factice, nos pays africains les moins avancés (PMA selon l’OMC) n’ont jamais pu se doter d’infrastructures socio-économiques suffisantes pour se développer, ni d’outil de défense suffisants pour contenir des groupes armés instrumentalisés pour créer partout l’insécurité empêchant les activités économiques.
Lors de la rencontre bilatérale Russie- Mali, au Kremlin, ce vendredi 30 octobre 2026, le Président de la Transition, le Général d’Armée Assimi GOITA, Chef de l’Etat, a indiqué que les bouleversements géopolitiques actuels rendent « impérieux » un rapprochement plus étroit entre Bamako et Moscou.
Face aux menaces sécuritaires, au néocolonialisme, les pays du Sahel qui entendent compter dans le concert des nations ont choisi de prendre leur destin en main. Trois Etats menacés dans leur existence se sont assumés : le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont porté sur les fond-baptismaux l’Alliance des Etats du Sahel, puis la Confédération des Etats du Sahel. Ils défendent leur territoire, et choisissent en toute souveraineté leur stratégie de défense, de sécurité, de diplomatie et de développement.
Le président Poutine a salué l’engagement personnel du Chef de l’État en faveur du partenariat Mali-Russie. L’augmentation du nombre de bourse d’études accordées au Mali qui sera porté à 300 pour l’année académique 2026-2027, est garante du raffermissement des relations de partenariat entre les deux pays. Il a souhaité que la coopération s’étende désormais au-delà de ses domaines traditionnels et s’accompagne d’un transfert progressif des compétences. Traduire dans la réalité la transformation locale des ressources minières, bénéficier de l’expérience russe dans le nucléaire civil, le solaire, les solutions hybrides, les réseaux électriques et la formation technique, sont entre autres souhaits exprimés par le Général Assimi GOITA. Il a également proposé d’élargir le partenariat au renseignement, à la cybersécurité et aux équipements de surveillance du territoire.
La cybersécurité constituant un ventre mou de la souveraineté, le Mali doit la surveiller comme le lait sur le feu, pour éviter les récentes ruptures du réseau informatique dans certains services publics, avec de graves incidences sur leur fonctionnement, particulièrement les services de recouvrement, des manques à gagner énormes pour l’Etat.
B. Daou




