Chronique du Mali : Il était une fois la SOMIEX

La nouvelle Société malienne de Transport et de Logistique (SMTL) répond parfaitement à un besoin réel et suscite des attentes qu’elle devra à tout point de vue combler. Il ne s’agit pas d’une simple question de transport, mais de disponibilité constante de produits à la consommation, de sécurité alimentaire et énergétique ; de sécurité de la production et de la transformation, qui dépendent de la disponibilité énergétique. Par ailleurs, entre transport et commerce, il n’y a qu’un pas qui distingue la Société malienne de Transport et de Logistique (SMTL) de l’ex Société malienne d’Importation et d’Exportation (SOMIEX) d’autrefois.
Le gouvernement malien vient de créer la Société malienne de Transport et de Logistique (SMTL). La société va assurer l’acheminement des produits d’exportation et d’importation ; les échanges entre les lieux de production, de commercialisation et de consommation, l’importation de produits agricoles, d’intrants et d’hydrocarbures.
Le domaine est donc bien clair : c’est le transport. Il est partie prenante de la commercialisation, et entre en ligne de compte dans la fixation du prix au niveau des consommateurs. Dans leur finalité, qui est de rendre disponibles les marchandises sur les marchés, le plus proche des consommateurs, transport et commerce ne font qu’un. Le point de départ étant le lieu de production et le lieu de consommation l’arrivée, en passant par celui de la commercialisation.
Le processus comprenant l’exportation et l’importation, embrassant les produits agricoles, les intrants et les hydrocarbures, c’est de sécurité alimentaire et de souveraineté nationale qu’il s’agit. En créant la Société malienne de Transport et de Logistique (SMTL), le gouvernement veut s’assurer de la souveraineté alimentaire et énergétique au Mali. La nouvelle société dont on ne sait pas combien de temps prendra-t-elle pour se mettre effectivement en place, avec un personnel, des équipements et des infrastructures, répond parfaitement à un besoin réel et suscite des attentes qu’elle devra à tout point de vue combler. Il ne s’agit pas d’une simple question de transport, mais de disponibilité constante de produits à la consommation, de sécurité alimentaire, énergétique. De sécurité de la production et de la transformation, qui dépendent de la disponibilité énergétique.
Par ailleurs, entre transport et commerce, il n’y a qu’un pas qui distingue la Société malienne de Transport et de Logistique (SMTL) de l’ex Société malienne d’Importation et d’Exportation (SOMIEX). La Société Malienne d’Importation et d’Exportation) était une entreprise publique clé des années 60 à 1980, donc à cheval entre la Première et la Deuxième République. La SOMIEX assurait l’exportation des productions locales (comme les arachides) et l’importation de produits de première nécessité (sucre, thé, lait en poudre, farine etc). Elle avait une vocation sociale qui consistait à vendre des produits à prix subventionnés et homogènes sur tout le territoire national. On trouvait dans ses boutiques et magasins, dans toutes les localités du Mali, les produits de première nécessité (sucre, farine, thé, huile etc) au même prix qu’à Bamako. C’est dire que s’inspirant de cette expérience, le gouvernement n’aura besoin que d’une petite retouche à son texte, pour étendre la SMTL à couvrir la même vocation que la SOMIEX.
A travers la création de la SMTL, le gouvernement vise à prendre en main, le transport public routier de personnes et de marchandises, à l’intérieur et à l’extérieur du pays. Cette décision n’apparait pas ex nihilo et vise à combattre les trafics frauduleux récurrents lors des importations, le transport, le stockage et la commercialisation des produits. Plusieurs fois, les Maliens ont été confrontés à la surenchère artificiellement créée par certains acteurs, après avoir provoqué l’évasion et le manque de certains produits, pourtant importés avec le bénéfice de subventions (exonération) accordées par le gouvernement. Dans les échanges, entre les lieux de production, de commercialisation et de consommation, des cas de vol des marchandises transportées par les camions de compagnie privée, sont monnaie courante. Il y a également des lenteurs dans l’importation de produits agricoles, d’intrants et d’hydrocarbures, dans des situations d’urgence qui nécessitent l’approvisionnement rapide du pays en denrées alimentaires, intrants agricoles et hydrocarbures. Il serait moins complexe pour le gouvernement de déployer un dispositif sécuritaire pour protéger des convois de véhicules d’une société d’Etat que de compagnie privée d’importation.

B. Daou

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