Le 22 Septembre 2025, les Maliens ont célébré dans la ferveur le 65ème anniversaire de l’accession de notre pays à l’Indépendance. Cependant, trois défis majeurs jalonnent le tournant de la refondation, pour un Mali havre de paix, réconcilié et auto-suffisant. Ces défis sont sécuritaire, diplomatique et économique, et se ramifient dans le terreau fertile de la mal gouvernance pour s’étendre dans tous les autres secteurs, dont les petites, moyennes et grandes entreprises du secteur privé, puis des domaines aussi stratégiques que l’Education, la Santé, l’Emploi, l’Artisanat, la Culture.
Il s’agit pour l’Etat malien de réussir le rétablissement de la sécurité sur toute l’étendue du territoire, de Kourémalé à Tinzaouaten, de Menaka à Diboli ; de nouer à travers le Sahel, l’Afrique et le monde, des partenariats franchement fructueux et respectueux des choix stratégiques du Mali ; et de prendre sérieusement ses marques dans l’essor économique en réussissant les politiques d’exploitation rentable des minerais dont le sous-sol malien est énormément riche.
C’est de notoriété, que pour les Maliens, plutôt la mort que la honte, « si l’ennemi découvre son front, au-dedans ou au dehors, … nous sommes résolus de mourir ». C’est croire que la sécurité sera établie partout au Mali, au profit des générations à venir. Les investissements pharaoniques consentis par le Mali sur fonds propre, pour acheter des avions de combat, équiper l’aviation et se doter d’engins blindés sont déjà compris d’une large majorité des Maliens. Les cris déclenchés au boulevard de l’Indépendance, ce 22 septembre pour scander le refrain « Vive Assimi Goïta », après le passage des soukhoi 24, au-dessus des têtes, ne traduisaient pas seulement le régal du beau spectacle, mais certainement aussi et surtout la fierté, la vibration de la fibre patriotique de dignes maliens, avec la certitude que nous pouvons regarder d’autres dans les yeux et revendiquer la réciprocité. Nous en avons les équipements, les compétences techniques et la possibilité de survoler notre territoire sans nous en référer à quiconque, pour en demander la permission. Ce n’était pas le cas dans un passé récent. Certains partenaires stratégiques déniaient ce droit au Mali, et torpillaient les efforts de se doter en armement, aliénant la souveraineté nationale diplomatiquement reconnue, mais déniée dans la réalité. Aujourd’hui les FAMa peuvent se permettre de parader à bord de soukhoï, de Bamako à Bougouni, Sikasso et Ségou, en ce jour de 22 septembre. Comme engins de guerre, son usage n’a besoin de l’accord préalable de personne.
Face aux nombreux défis actuels, le 65 anniversaire de l’Indépendance devait capitaliser toutes les espérances. Le président de la Transition Assimi Goïta, dans une interview accordée à cette occasion a rendu « un vibrant hommage aux pères de l’indépendance, le président Modibo KEITA et ses compagnons, qui ont été à l’avant-garde de la conquête de notre souveraineté nationale et internationale. Toutes les valeurs qu’ils ont tout le temps défendu, à savoir les valeurs de souveraineté, de patriotisme, de don de soi, demeurent toujours des références pour nous qui avons la charge de continuer ce combat pour la souveraineté du Mali », a indiqué le chef de l’Etat malien, qui a salué et félicité les Forces de défense et de sécurité qui se battent au quotidien pour apporter la paix et la sécurité au peuple malien. C’est également l’occasion de rendre hommage aux victimes civiles et militaires tombées sur le terrain des opérations et d’avoir une pensée « à nos détenus qui sont actuellement en otage ». Selon lui, toutes les dispositions sont en place pour qu’ils puissent revenir à la maison.
« La force unifiée sera à 100% autonome et je voudrais à cette occasion aussi saluer mes frères le Président du Niger, le Général Abdourahamane Tiani et le président du Burkina Faso, le capitaine Ibrahim Traoré pour leur engagement et surtout leur détermination pour le développement de l’AES ». Le combat pour la souveraineté sera poursuivi, jusqu’à la pacification du territoire national. Demandant au peuple malien de rester uni, le président Assimi Goïta indique que c’est dans la cohésion que sera réalisée notre souveraineté. « Et pour les défis actuels et futurs, notamment le défi lié à la sécurité du Mali, à la refondation du Mali, au développement du Mali, tous les Maliens et toutes les Maliennes doivent au moins écrire une page glorieuse de l’histoire commune du Mali tout en léguant aux générations futures un héritage digne de ce nom ».
La sécurité est un préalable pour faire du Mali une terre de paix, de cohésion nationale et de développement. La tension n’est pas près de baisser entre le Mali et certains de ses anciens partenaires stratégiques. Cependant, les nouveaux amis stratégiques ne s’empressent pas pour aider à régler les mutations énergétiques, et pendant ce temps, l’Etat malien se cherche entre crise énergétique et sabotage d’infrastructures économiques entrepris par les groupes armés terroristes, détruisant des unités de production, les moyens de transport, et coupant les routes nationales pour paralyser des réseaux de fourniture en carburant. Les groupes armés choisissent les parties des routes qui arpentent dans les forêts, les bois permettant de se cacher et de tendre des embuscades aux FAMa. Dans certaines localités de la région de Ségou, les populations des villages s’organisent pour couper tous les bois aux abords des routes, pouvant servir d’abris aux terroristes. Une opération de coupe des bois devant se poursuivre dans d’autres localités. La sécurité et la production économique en dépendent.
Sur le front économique le Mali ouvre ses portes aux partenaires russes, chinois, turcs et autres arabes. Chinois et Russes se bousculent aux portillons miniers. Le Mali opte pour la rentabilité des mines avec l’entrée en vigueur de son nouveau code minier. C’est dire qu’il y a lieu de croire que le Lithium et l’or malien ne seront pas bradés. Le Mali règne désormais avec la Société de recherche et d’exploitation des ressources minérales du Mali (SOREM-Mali S.A.), mais aussi la Société de Raffinerie d’Or du Mali (SOROMA-SA), en partenariat avec la société russe Yadran.
Les sociétés minières étrangères se soumettent à la législation malienne, le nouveau code minier accordant beaucoup plus d’avantages au bénéfice des Maliens.
B. Daou




