Droits de l'homme - Economie - Politique - 20 décembre 2022

Edito : Ce qu’on attend du pouvoir de transition

« Lorsque la capitale est sale, ça n’honore personne », a lancé le ministre d’Etat, ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, colonel Abdoulaye MAÏGA, lors d’une visite qu’il a effectué à la décharge de Noumoubougou, conçue pour recevoir les ordures de la capitale. Le colonel Abdoulaye Maïga qui était accompagné des ministres Mme DEMBELE Madina SISSOKO, des Transports et des Infrastructures, et de Modibo KONE de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable, a su bien peser ses mots en parlant de « capitale sale ». La capitale symbolise le centre des décisions, le siège du pouvoir central, et l’épicentre de la mauvaise gestion, des détournements de deniers publics et de l’enrichissement illicite, source du mal être de la population. Il faut assainir, nous débarrasser de tous les moustiques humains qui sucent les populations et provoquent le mal être social, le paludisme social et la mort massive, faisant de la mal gouvernance une arme de destruction massive.
Le ministre n’est-il pas plus éloquent que l’éditorialiste ? « Ce n’est pas normal que depuis 2015, une infrastructure qui a coûté 7 milliards puisse être non opérationnelle. Je pense qu’aujourd’hui en l’observant, on comprend tous, qu’il ne s’agit pas d’un investissement de 7 milliards. Les raisons pour lesquelles les pouvoirs publics à l’époque ont décidé de créer une décharge, aujourd’hui, les objectifs ne sont pas atteints », a déclaré le ministre d’Etat. Et d’ajouter, « pendant la transition, nous sommes dans la dynamique de trouver des solutions urgentes ». Bien sûr, la transition n’est que la conséquence de la mauvaise gestion endémique et rampante, qui a précipité notre pays dans une faillite de l’Etat. Doit-on continuer d’imputer aux autorités de la transition les effets pervers d’une mal gouvernance endurcie ?
Les autorités de la transition sont comparables à des soldats du feu, qui ont le devoir d’être à pied d’œuvre pour stopper l’impunité pour les responsables des crimes économiques et financiers, qui puisent et s’enrichissent sur le dos des bénéficiaires légitimes, des assassins à col blanc dans les sphères de l’Etat. Il faut assainir la capitale malienne (Bamako) et ses environnants, au double sens de l’environnement humain et de la gouvernance des affaires publiques.
Les autorités de la transition ont-elles le choix ? Changer l’anarchie en ordre, la mal gouvernance en bonne gouvernance, « les odeurs nauséabondes, les mouches, les maladies, les nuisances », constatées sur les déchets, en un environnement sain, propre et pur à respirer. C’est la tâche nationale à réaliser, le Mali en a besoin. Et maintenant ! La gestion efficiente du financement de 168 milliards de FCFA accordé par la Banque mondiale pour réaliser ce qui aurait pu être fait à Noumoubougou, servira d’indicateur éloquent : une décharge moderne à Noumoubougou et une autre décharge à Mountougoula, la construction de 25 dépôts de transit des déchets à Bamako, la gestion des vidanges et bien d’autres réalisations dans les 18 mois à venir, a promis le ministre de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable, Modibo KONE.
B. Daou

Le Républicain

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Check Also

Mali : des partis et regroupement exigent la fin de la transition à date

Le strict respect de la fin de la transition fixée à mars 2024 ; l’organisation de l…