A l’occasion de la semaine de haut niveau de la 77ème session de l’Assemblée générale des Nations-Unies (AGNU), du 19 au 26 septembre 2022, les chefs d’État et de gouvernement, et d’autres représentants nationaux de haut niveau, se réunissent pour présenter leurs priorités et échanger sur les grands enjeux mondiaux. L’ordre du jour concerne des questions sur « la transformation de l’éducation » ; « les droits des minorités» ; réunion du Conseil de sécurité sur l’Ukraine ; prévention de la famine et l’insécurité alimentaire ; réunion sur le Sahel ; réunion pour mettre fin à la pandémie de Covid-19 etc.
On peut donc comprendre aisément, que ne seront sûrement pas éludées, les questions de l’extrémisme violent attribué à des groupes terroristes, qui sèment et attisent l’insécurité dans le Sahel, particulièrement au Mali, au Niger, au Burkina Faso, au Tchad, et en Libye où a été donné le coup d’envoi de la déstabilisation du Sahel.

Le président ivoirien Alassane Ouattara accusé par Bamako d’utiliser des mercenaires pour déstabiliser le Mali. Le SGNU Antonio Guterres prend position: « ce ne sont pas des mercenaires »

Et en lien avec l’insécurité déstabilisatrice des Etats africains, dont l’un des vecteurs apparents est la nébuleuse djihadiste, il y a sans conteste la question des 49 soldats de la Côte d’ivoire présumés « mercenaires », mais aussi la plainte malienne contre la France d’Emmanuel Macron devant le Conseil de sécurité des Nations-Unies pour terrorisme et soutien au terrorisme. Le Mali dont la délégation est conduite par le Colonel Abdoulaye Maïga Premier ministre par intérim, fournira des preuves devant le Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies (ONU) pour étayer l’accusation contre la France d’avoir fourni des armes de guerre et des renseignements à des groupes terroristes, si l’on en croit le Colonel Abdoulaye Maïga Premier ministre par intérim. Cependant, alors que ces réunions des Nations-Unies retiennent toutes les attentions, les Maliens scrutent et fouillent l’agenda de cette 77ème Assemblée générale, sans voir le moindre indice, que ces questions maliennes seront à l’ordre du jour. L’ONU dont le Mali est membre (redondance) a-t-elle décidé de faire black-out sur la plainte du Mali ? Non content de ce choix au penchant exclusif, le Secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres, par ce coup de pique donné à la veille de la réunion de l’Organisation mondiale, veut-il faire un clin d’œil à l’ancienne puissance coloniale, mise sur le banc des accusés par le Mali ? Se prononçant sur la question « des mercenaires », qui brûle le torchon entre le Mali et la Côte d’Ivoire, Guterres fait le choix de trancher sans dénouer la crise, en indiquant qu’il n’y a pas lieu de les tenir dans les liens du mercenariat, sans préciser davantage leur statut. Le fait est il de faire regretter au pays d’Assimi Goïta, la volonté de faire de la présente Assemblée Générale, le lieu d’une empoignade contre l’ancienne puissance coloniale, soupçonnée de néocolonialisme, d’avoir la main dans le pot du miel au Mali et d’assistance aux supposés djihadistes.

Malgré la présence des forces onusiennes au Mali, la paix et la sécurité peinent à s’établir.

Par ailleurs soit dit en passant, la question des mercenaires n’aurait pas connu un tel revirement si on avait su ménager la chèvre et le chou. Une éventuelle extradition d’anciens dignitaires maliens résidant en Côte d’Ivoire ne peut servir qu’à assouplir la position malienne et participer à la création de conditions favorables à la décrispation. De là à en faire une condition pour élargir les mis en cause dans le cadre d’un échange, les interprétations sont passées par là pour parler de « prise d’otage ». Tant est le fagot de bois mort apporté par l’esprit.
B. Daou

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