Se prononçant sur les perspectives pour le Mali qui traverse une transition, à l’allure de zone de turbulence, Me Mountaga Tall, président du Congrès national d’Initiative démocratique – Faso Yiriwa Ton (CNID-FYT), ancien ministre et ancien député, fait le choix du rassemblement des fils du pays. Selon lui, il faut qu’on se rassemble, que les Maliens se battent autour d’un certain nombre de valeurs et de principes, de façon ponctuelle : la levée des sanctions, en tenant compte du contexte d’ensemble.
« Il faudrait que nous puissions tous ensemble dire à nos partenaires : respectez-nous en tant que pays, en tant que nation, nous ne pouvons pas accepter d’être insulté en tant que Mali et en tant que Maliens. Il faut que tous, nous disions cela. Si cela est entendu demandons qu’on lève les sanctions et que nous-mêmes on se mette d’accord ici autour d’un chronogramme, lequel sera dicté par les missions qu’il faut réussir, les défis qu’il faut relever, les contraintes qu’il faut desserrer », recommande le président du CNID-FYT. C’est à ce prix, selon notre interlocuteur que nous pourrons éviter les crises cycliques, et faire en sorte qu’il n’y ait plus jamais de coup d’Etat au Mali.
Au moment où tous les acteurs politiques déclarent leur volonté de rassemblement, il y a lieu de se poser la question si tous visent les mêmes objectifs face aux défis de la transition. Car ce n’est un secret pour personne, que la conduite de la transition a ses détracteurs. Il importe pour les acteurs politiques de dire clairement, comment et dans quel optique ce rassemblement des enfants du pays, qui sont de différentes obédiences, est prôné : soutenir ou arrêter la transition ? Quels sont les tenants et les aboutissants de ce « rassemblement », qui est à la mode dans tous les discours politiques. Me Mountaga Tall dit se réjouir, si « se rassembler est à la mode », car c’est le slogan de son parti depuis 30 ans, rappelle-t-il. Les documents du CNID déposés à l’administration territoriale, aime-t-il rappeler, la devise, c’est «Rassembler pour construire».
Se rassembler autour du Mali, au chevet du Mali
Selon l’avocat, « si le CNID avait été entendu, le Mali ne serait pas dans cet état ». Ce qui est difficile à vérifier. Quant au but du rassemblement, pour le président du CNID-FYT, il faut se rassembler autour du Mali, au chevet du Mali, c’est de cela qu’il s’agit, indique l’acteur politique. « Mais dès qu’on parle d’un pays, d’un Etat, il y a des autorités forcément, sinon on ne parle pas d’Etat, donc si on se rassemble au chevet d’un pays, il faudrait parler avec ceux qui ont en charge la gestion du pays. Vous actez vos points d’accord et vous y travaillez, actez vos points de désaccord qui sont normaux, c’est ça la démocratie et le sens profond du 26 mars. Le reste, les gens se trompent du sens du 26 mars, c’est cela, il faut accepter cela, il faut qu’on se mette ensemble pour ce qui concerne les intérêts supérieurs vitaux de notre pays, il faut que nous respections les différences et que nous respections ceux qui sont différents », recommande Me Mountaga Tall.

Le Premier ministre Choguel Kokalla Maïga (en bleu) et Me Mountaga Tall (à droite). « L’évaluation doit être permanente. Si nous n’avons pas réussi à le faire, maintenant qu’il y a beaucoup de divergences qui vont sur la place publique, il faut penser à le faire le plus rapidement possible », dixit Me Tall.

Malgré les discours de rassemblement, cependant, le clanisme fait du chemin pendant cette transition, constatable au sein du Comité stratégique du Mouvement du 5 Juin (CS-M5/ RFP) et au sein de certaines organisation qui composent le M5/RFP comme le Front pour la sauvegarde de la démocratie (FSD), l’Espoir Mali Kura (EMK). Cette discorde au sein du Mouvement tombeur du pouvoir d’IBK traduit-elle un essoufflement de la rectification portée par le Dr Choguel Kokalla Maïga ? Faut-il remplacer le Premier ministre Choguel K. Maïga?
Je ne suis pas membre d’un fan club
Selon Me Mountaga Tall, au niveau du M5-RFP, « quand il y a eu le débat pour que le président du Comité stratégique ne soit pas le Premier ministre, et quand il y a eu des déclarations pour dire qu’il faut changer de Premier ministre, j’ai dit une seule chose : il faut évaluer. Il ne faut jamais procéder par oukase. J’ai dit : autant je ne m’associe pas à des demandes de départ sans évaluation, autant, je ne suis pas membre d’un fan club. Evaluons et faisons au mieux pour le Mali et pour le M5-RFP », a-t-il précisé. Selon lui, l’expertise pour pouvoir effectuer cet exercice, existe, parce qu’au M5-RFP, « en dehors de la fonction de président de la République, il n’y a pas une seule grande fonction au sein de l’Etat, qui n’ait été assumé par certains d’entre-nous. Donc, autant faire ce débat en toute sérénité », a souligné notre interlocuteur. A la lumière de cette évaluation des membres du M5 RFP, le Premier ministre Choguel Kokalla Maïga devra-t-il passer le relai ? Notre interlocuteur est resté évasif, et ne tranche pas. « Je ne dis pas qu’il faut un relais, je ne dis pas qu’il ne faut pas un relais, je dis qu’il faut évaluer. Pour évaluer, il y a des outils, des critères », indique Me Mountaga Tall. C’est dire qu’en l’état des choses, il ne veut tirer aucune conclusion avant ladite évaluation par le M5 RFP. On se pose cependant la question si une telle évaluation sera favorable au missionnaire du M5 RFP à la Primature, Choguel Kokalla Maïga avec la fronde de Kaoural, d’EMK avec Cheik Oumar Sissoko, les mécontentements de Anw ko Mali Dron de Mme Sy Kadiatou Sow et la suspension de Konimba Sidibé membre de FSD. En tout cas pour Me Mountaga Tall, évaluer va de soi. Evaluer l’action du M5, l’action du président du M5, et l’action du Premier ministre, énumère-t-il. « Au sortir de cette évaluation, on peut dire, il faut appuyer sur tel ou tel endroit, il faut laisser tomber telle chose, il faut étoffer l’équipe, il faut changer le capitaine… Il faut évaluer ! », explique le président du CNID-FYT. Pour lui « cette évaluation doit être permanente. Si nous n’avons pas réussi à le faire, maintenant qu’il y a beaucoup de divergences qui vont sur la place publique, il faut penser à le faire le plus rapidement possible », recommande Me Mountaga Tall.
Dansira DEMBELE

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