La hausse des prix des produits de première nécessité inquiète la population malienne, à quelques jours du mois sacré de Ramadan, ou le mois de jeûne musulman. A l’approche du mois de ramadan, les prix de certains produits de première nécessité sont en hausse. Les populations crient et se plaignent de la cherté des prix. Celle-ci est à tort ou à raison attribuée aux sanctions de la CEDEAO (Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest) et de l’UEMOA (Union économique et monétaire ouest-africaine) imposées au Mali, le 09 janvier dernier. Pour d’autres, c’est habituel qu’à l’approche du mois de ramadan et pendant tout le mois, on assiste à la montée exponentielle des prix des denrées de première nécessité. Sur les marchés de Bamako, lors de notre enquête, vendeurs et clients ont accepté de nous donner leur point de vue sur l’augmentation des prix des produits de première nécessité.
Assis dans sa boutique au marché de Sébénikoro, Moby Traoré indique que cette année est plus dure que les précédentes. « Je pense que c’est à cause de l’embargo imposé sur nous et notre pays de manière injuste par la CEDEAO et L’UEMOA. C’est pour cette raison que nous sommes tous confrontés à ce problème d’augmentation des prix des denrées de première nécessité. », a-t-il dit. Il explique que le sac de lait en poudre était à 49 250 FCFA, et qui est passé à 52 000 FCFA. Et pour avoir des bénéfices, il faut le revendre à 2 500 FCFA, le kilogramme, ajoute-t-il. L’huile de 20 litres est passé à 14 000 FCFA et je revends un litre à 1 200 FCFA. Pour le sucre, nous avons deux catégories : le sucre blanc et le sucre rouge. Le sucre blanc est passé à 14 000 FCFA chez les grossistes. Et je vends le kilo à 550 FCFA.

Une vue du grand marché de Bamako

Le sucre qui vient de l’extérieur est passé à 25 000 FCFA le sac. « Les operateurs économiques, frappés par l’embargo, n’entrent plus avec leurs marchandises ; ils ont tous arrêté pour le moment », a expliqué avec inquiétude, le boutiquier résident à Sébénikoro, Moby Traoré. Sait-il que les produits de première nécessité ne sont pas concernés par les sanctions ? L’Etat et les populations gagneraient à mieux communiquer avec les commerçants détaillants.
Idrissa Maïga, boutiquier à Lafiabougou , en commune IV du district de Bamako pense que l’embargo n’a rien changé sauf le sac de mil qui passe de 17 000 FCFA à 17 500 FCFA et 400 FCFA le kilo. A part ça, dit-il, tous les prix sont stables. Au contraire, soutient Idrissa Maïga, c’est la venue de l’embargo qui a amené le gouvernement malien à demander de réduire les prix des produits pour faire face à la situation et soulager les souffrances des populations.
Selon certains consommateurs, l’augmentation des prix des produits s’explique par le fait que le mois de ramadan est une période de grande consommation. Ainsi, disent-ils, c’est la raison pour laquelle les commerçants augmentent les prix. « Il faut que tous les commerçants sachent que le mois de ramadan ne doit pas être vécu comme un mois de difficultés. C’est un mois sacré et saint par excellence, car c’est le mois du jeûne et contient laylatul qadr (la nuit du destin) », a conseillé fortement Mariam Diakité, ménagère à Kalabanbougou.
La hausse des prix des denrées alimentaires peut avoir comme conséquences, la baisse de la vente et l’adoption d’autres stratégies pour les ménages, notamment la réduction des dépenses et la diminution de la fréquence des achats. Et personne n’y gagne, commerçants aussi bien que consommateurs.

Ramadan et stabilité des prix

Alors que les Maliens traversent les affres des sanctions de la CEDEAO et de l’UEMOA motivées par les organisations sous régionales pour des raisons politiques, et que le mois de ramadan approche à grand pas, les autorités maliennes sont soucieuses de pouvoir maitriser les prix des denrées de première nécessité. Raison pour laquelle la Direction Générale du Commerce, de la Consommation et de la Concurrence (DGCC) a initié un cadre d’échange et de partage d’information avec la presse.

Le Directeur général de la Direction générale du commerce de la consommation et de la concurrence (DGCC) Boukadary Doumbia

La première rencontre de ce ‘’café presse-DGCC’’ a eu lieu, le vendredi 25 mars 2022 au grand Hôtel de Bamako. Le Directeur Général de la DGCC Boukadary Doumbia se veut rassurant sur la disponibilité des produits à la veille du mois sacré de ramadan : « il n’y aura pas de rupture de stock, le mois de ramadan se passera dans des conditions normales », a-t-il dit. Etablir une transparence sur la disponibilité, l’approvisionnement, la maîtrise des prix des produits mis sur le marché, tel est le nouveau défi du Directeur Général de la DGCC Boukadary Doumbia, qui doit conduire à rompre avec les rumeurs sur les prix.

Les missions de la DGCC ne limitent pas au suivi et l’approvisionnement du marché. « Nous faisons des activités transversales. On ne peut pas être partout pour surveiller. Les brigades de veille, c’est une exception, ce n’est pas la règle. Nous avons 6 équipes qui sillonnent à Bamako et une équipe par région. Les moyens sont donc limités», a indiqué le Directeur Général de la DGCC Boukadary Doumbia. Mais les préoccupations sur toutes les langues demeurent la disponibilité des produits de première nécessité sur laquelle le DG se veut rassurant : « il n’y aura pas de rupture de stock, le mois de ramadan se passera dans des conditions normale. Il peut exister des petits problèmes d’accessibilité. Mais grâce à l’effort des autorités en matière de distribution, nous avons anticipé. Aujourd’hui, il y a un plan d’urgence de sécurité alimentaire qui entend importer plus de 200 000 tonnes de riz. Aujourd’hui, nous avons des opérateurs qui se sont engagés à approvisionner le marché à hauteur de plus de 5000 têtes de bœufs pour le mois de ramadan. L’Etat travaille à s’attaquer sur les difficultés engendrées par l’embargo, mais l’effet de l’embargo est marginale », a déclaré le Directeur Général de la DGCC Boukadary Doumbia.
Le Président Assimi Goïta prend à témoin le mois de ramadan
Lors de la commémoration du 26 mars, le Président Assimi Goïta s’est voulu soucieux des conditions de vie des citoyens. Il a lancé un appel et une mise en garde en ces termes: « Le Gouvernement de Transition a pris toutes les dispositions pour approvisionner les différents marchés en produits de première nécessité et aussi a mis en place un système de contrôle des prix imposés afin d’éviter toute flambée de prix et au détriment de la population malienne ».
Il a saisi invité ses compatriotes à plus de cohésion, de détermination et de sérénité en cette veille du mois de ramadan, qui est un mois de solidarité.

Les Secrets Bancaires

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