Economie - Securité - 29 mars 2022

Prix du carburant au Mali
Les raisons d’une augmentation

Au Mali, le prix de l’essence a connu une augmentation à partir de ce 17 mars 2022. Le litre du super carburant est passé de 663 à 762 FCFA, et le gas-oil est passé de 593 à 760 FCFA. La décision majeure a été prise par les membres de la commission de suivi des prix du pétrole, au terme d’une réunion présidée par le Directeur général de l’ONAP, Modibo Gouro Diall, le 16 mars 2022, dans la salle de conférence de la Direction nationale des produits pétroliers (ONAP).

La commission de suivi des prix du pétrole est composée des représentants du gouvernement, des consommateurs, du groupement des Maliens professionnels du pétrole (GMPP). Elle institue une rencontre mensuelle du mécanisme de fixation des pris des hydrocarbures, assure un suivi sur les fluctuations du prix du pétrole dans le monde. La commission a tenu une conférence de presse après sa rencontre.

L’augmentation du prix du pétrole dont il est question n’est pas liée à l’embargo de la CEDEAO sur le Mali, mais due à la crise ukrainienne qui a vu les prix du pétrole flamber dans le monde, passant de 400 à 600 FCFA. «Il s’agit d’un phénomène mondial que tous les pays vivent aujourd’hui», selon les conférenciers, en l’occurrence, le Directeur général de l’ONAP Modibo Gouro Diall ; le secrétaire permanent du groupement des Maliens professionnels du pétrole (GMPP) Ibrahim Touré ; le premier vice-président de l’Association des consommateurs du Mali (ASCOMA), Abdoul Wahab Diakité.

Selon le DG de l’ONAP, Modibo Gouro Diall, Directeur Général de l’Office Nationale des pétroles (ONAP), on est dans un contexte caractérisé par la flambée très prononcée des cours mondiaux du pétrole. Ces fortes augmentations sont liées à la crise ukrainienne qui a eu des répercussions sur les prix des produits pétroliers dans le monde.
Selon lui, au Mali, depuis près de 16 mois, les consommateurs ont acheté le carburant au même prix : 663 FCFA pour le super carburant et 593 FCFA pour le gasoil. Cette reconduction depuis novembre 2020, s’explique par le souci des autorités de la transition d’œuvrer à maintenir, à préserver le pouvoir d’achat du consommateur malien.

Le dynamisme des opérateurs pétroliers

Selon Modibo Gouro Diall, dans le souci d’avoir les prix soutenables pour les consommateurs, l’Etat a sollicité les opérateurs pétroliers pour que chaque partenaire puisse faire des sacrifices. C’est ainsi qu’on a procédé à un certain nombre de réduction des charges. «Nous avons eu à réduire le transport, ensuite à réduire la taxe ou la redevance d’usage routier. Et puis la marge des opérateurs a été diminuée principalement de 20 FCFA par litre. Ce qui fait que, ça nous donne encore des prix de 762 FCFA par litre pour le super carburant et 760 FCFA pour le gasoil. C’est après les efforts fournis par les uns et les autres, notamment l’Etat qui a renoncé à une bonne partie des droits et taxes, et les opérateurs pétroliers qui ont accepté pour la patrie, de renoncer en guise d’accompagnement des autorités maliennes à une partie de marge. Mais, le souci des autorités est de toujours faire en sorte que les prix à la pompe soient compatibles avec le pouvoir d’achat du consommateur», a commenté le Directeur général de l’ONAP, Modibo Gouro Diall.

Ibrahim Touré, secrétaire permanent du Groupement des Maliens professionnels du pétrole (GMPP), a tenu à préciser que l’augmentation des prix de l’essence à la pompe n’a rien à voir avec l’embargo, parce que les produits pétroliers ne sont pas sous embargo. Le Mali s’approvisionne normalement partout en produits pétroliers. Elle est liée à la fluctuation des prix internationaux. « On sent aujourd’hui les répercussions du baril du prix. Pour trouver un prix consensuel, digérable à la pompe pour nos compatriotes, nous venons d’avoir cette rencontre. Je tiens à dire aussi qu’il faut remercier le dynamisme des opérateurs pétroliers qui mouillent les maillots pour assurer la sécurité énergétique du pays. J’assure les populations de la disponibilité du pétrole », a témoigné le secrétaire permanent du Groupement des Maliens professionnels du pétrole (GMPP) Ibrahim Touré. « Avec un esprit d’entreprise citoyen, nous, opérateurs pétroliers, avons consenti aussi à des baisses, à des réductions sur nos marges, à des réductions sur nos coûts d’approches. Car, un opérateur pétrolier au Mali est un distributeur et un transporteur à la fois. Les deux jumelés ont un coût. Mais, avec la situation du pays, nous avons jugé nécessaire de trouver des leviers à l’intérieur sur lesquels on peut jouer pour trouver un prix afin que nos populations ne ressentent pas trop l’augmentation. Et à ce niveau, ajoute-t-il, nous nous sommes réunis pour diminuer les prix et jouer notre partition dans la construction du pays ». L’Etat a diminué ses droits des douanes et la redevance de l’autorité routière. « Malgré tout cela, le prix est resté élevé. L’Etat a encore revu sa redevance à l’autorité routière à la baisse. Ce qui a amené l’essence aujourd’hui à 762 FCFA et le gasoil à 760 FCFA. Nous avons fait ce que nous pouvions, l’Etat aussi. On a fait cela pour que les populations ne ressentent pas l’effet de l’augmentation des prix du pétrole qui nous a été imposée par la guerre en Ukraine, qui a entrainé une flambée des prix sur le marché international », a expliqué le secrétaire permanent du Groupement des Maliens professionnels du pétrole (GMPP) Ibrahim Touré.

Plutôt une hausse qu’une rupture

Pour Abdoul Wahad Diakité de l’Ascoma, le contexte actuel du pays et du monde nous oblige à accepter cette augmentation pour éviter une pénurie sur le marché malien. Les associations des consommateurs fonctionnent conformément au principe directeur de la protection des consommateurs adopté par les Nations Unis en 1985, qui nous impose le silence par rapport aux efforts faits par le gouvernement. Comme nous sommes dans un contexte spécial, nous sommes obligés de parler. Les prix sont maintenus aujourd’hui à 762 FCFA et à 760 FCFA, parce que les opérateurs économiques ont accepté une diminution de plus de 30% de leurs marchés. Et l’Etat aussi a amené pratiquement le TPP à 1 Fcfa.
« Nous, en tant que consommateurs, acceptons cette augmentation en dépit de tout, parce que nous connaissons les efforts fournis par les autres acteurs, notamment le gouvernement et les opérateurs pétroliers. Je me réjouis que nous ayons pu anticiper l’augmentation qui pourrait atteindre plus de 800 FCFA, selon les calculs. Mais nous avons parlé, eu un consensus pour finalement tomber à 762 FCFA et 760 FCFA les litres de super carburant et du gasoil. Par ailleurs, il a déploré le manque de communication de l’Etat et du GMPP. Car depuis plus d’un an, le gouvernement est en train de faire des efforts ; les opérateurs économiques sont en train de faire des efforts, mais malheureusement qui ne sont pas connus du grand public », selon le représentant des consommateurs.

Les Secrets Bancaires

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