Le Président français Emmanuel Macron a annoncé ce 17 février, la décision de la France et de ses alliés européens de se retirer militairement du territoire malien. Faut-il se féliciter du départ des militaires français du Mali ?
Bon nombre de Maliens répondent par l’affirmative. Mais pour autant, elle mérite réflexion, notamment sur la capacité des FAMa à contenir la menace multiforme du terrorisme sur un territoire assez vaste, le concept ambigu du terrorisme impliquant des groupes armés extrémistes affiliés à Al qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), l’Etat islamique (Daech) et aussi tous ces groupes armés non identifiés, qui souvent ne roulent que pour leurs trafics illicites (drogue, armes)…
Mais le Mali aura déjà fait le choix de prendre son destin en main. Ce choix ne se résume pas à une responsabilité imputable aux seules autorités de la Transition, mais à tout un peuple, qui semble assumer son choix qu’il sait n’être pas sans conséquence.
Après avoir applaudi Serval et Hollande, s’être drapés aux couleurs bleu-blanc et rouge, et baptisé des enfants Damien Boiteux et Hollande, plusieurs fois les Maliens ont manifesté par milliers et brûlé le drapeau français scandant « A bas la France », « Libérez le Mali ».
Le 14 janvier 2022, si le drapeau français n’a pas été profané, des manifestants se sont adonnés à cœur joie, à bien des scènes qui tranchent avec l’amitié et malmènent les protocoles diplomatiques. Le rappel de l’Ambassadeur de France au Mali, venant plusieurs mois après celui du Mali en France, présageaient bien des jours difficiles entre les deux Etat.
A cet effet l’annonce de retrait du Mali, mais pas du sahel, de la Force Barkhane, faite ce jeudi 17 février par le Président français Emmanuel Macron, ne s’assimile plus à « un abandon en plein vol », mais le Mali a opté pour le saut du parachutiste qui a bien vérifié son parachute avant de sauter. Le Mali a pris son destin en main, et aucune erreur n’est plus tolérable, pas de la tolérance d’un prétoire, mais de celle du sort et du destin qui se joue.
L’heure est donc au resserrement des rangs, ce n’est plus le moment des petits calculs politiciens, mais du grand sursaut national à l’unisson, du rassemblement, car le Mali joue son destin et appelle chacun de ses enfants, filles et garçons, au-dedans et au dehors, sans aucune réserve.
La France de Macron a donné les raisons de son retrait du Mali: « Nous ne pouvons pas rester engagé militairement auprès d’autorités de faits dont nous ne partageons ni la stratégie ni les objectifs cachés. C’est la situation à laquelle nous sommes confrontés aujourd’hui au Mali. La lutte contre le terrorisme ne peut pas tout justifier. Elle ne doit pas sous prétexte d’être une priorité absolue, se transformer en exercice de conservation indéfinie du pouvoir. Elle ne peut pas non plus justifier l’escalade de la violence par le recours à des mercenaires dont les exactions sont documentées en République centrafricaine, et dont l’exercice de la force n’est encadré par aucune règle ni par aucune convention. Dans ces conditions, la France et ses partenaires engagés dans la lutte contre le terrorisme, à savoir les Etats participants à la Task Fols Takuba ont pris la décision de retirer leur présence militaire au Mali. Ce retrait se traduirait par la fermeture des emprises de Gossi, de Ménaka et de Gao », qui sont les trois bases militaires françaises restantes, après le retrait, il y a quelques mois, de Kidal, Tessalit et Tombouctou.
On retient du discours de Macron que l’objectif de Refondation de l’Etat (comprenant reformes électorales et constitutionnelles) porté par la Transition et qui justifie le prolongement de la Transition demandé par les Assises nationales de la Refondation (ANR) est vu comme un « exercice de conservation indéfinie du pouvoir ». Le deuxième point qui fâche la France est le recours à des partenaires russes pour des besoins de sécurité au Mali. Bref les forces françaises et européennes et les Russes ne peuvent pas cohabiter sur le même terrain et la France se barre.
B. Daou

Le républicain

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