Comme un grondement de tonnerre, le bruit grinçant des nouvelles de l’attribution des logements sociaux a traversé la ville de Bamako, hier.
A l’annonce de la publication de la liste des bénéficiaires par la Commission d’attribution des 12 566 logements sociaux, l’information a fait l’effet que produisent les rares précipitations, qui créent dans le désert, des oueds sur un terrain sablonneux.
S’étendant au loin tel un grand lac, l’oued aura vécu après avoir étanché quelque soif, avant de se dissiper soudainement. Ainsi, nous sommes nous jetés sur cette information pour vite étancher notre soif prolongé de scoop à scandale, la commentant en long en large sans nous donner le temps d’aller plus loin qu’à la surface des choses.
Interrogeons-nous : sur les 12 566 bénéficiaires, ya -t-il a combien de militants du M5 RFP, combien de militaires au pouvoir ou de leurs proches parents ou amis ? Combien parmi ceux-ci ne sont-ils pas des nécessiteux, et qui ont leur chez soi ? Car être récemment arrivé au pouvoir ne voulant forcement pas dire être à l’abri du besoin.
Par ailleurs, combien de nécessiteux, qu’ils soient du M5 RFP, du Cadre d’échange des partis et regroupements politiques pour une transition réussie et alliés ou de la société civile, figurent-ils parmi les 12 566 bénéficiaires des logements sociaux ?
Si le président Assimi Goïta, qu’on doit se garder de distraire de son combat historique de libération nationale, ou le Premier ministre Choguel Kokalla Maïga ou alors son ministre en charge du dossier décidait de fléchir pour annuler le travail de la Commission d’attribution, combien grand sera le désespoir des milliers de pauvres qui n’ont personne sur qui compter, qui sont à leur énième candidature pour enfin voir la chance leur sourire ?
Le pouvoir de Transition apparu comme « protecteur des nécessiteux », ne doit-il pas se garder de décevoir des pauvres chefs de famille et leurs épouses et leurs enfants, qui rêvent déjà de se voir dans leur nouveau chez-soi à « Assimi bougou », en se laissant fléchir telle une girouette au moindre coup de vent capricieux ?
Les régimes passés ont brisé tous nos rêves, la transition doit faire attention et rouler à l’heure de la justice sociale, en regardant plutôt les milliers de nécessiteux qui sont parmi les bénéficiaires. Et surtout éviter de se distraire de la mission primordiale sécuritaire et de reconquête du Mali dont certains ne semblent pas se soucier. Sachez que le climat politique est grave et en tenir compte en posant chaque pas, il y va de la stabilité du Mali.
Nous avons été nombreux à dire que comme dans l’affaire de recrutements de 200 jeunes à l’Institut national de Prévoyance sociale (INPS) en 2017, les récents recrutements à la Caisse nationale d’Assurance maladie (CANAM), à l’Energie du Mali (EDM) et à l’Ecole militaire interarmées (EMIA), où le népotisme et le favoritisme ont été dénoncés, le changement de paradigme a encore du chemin à faire. Mais comparaison est-elle raison ?
B. Daou
Le Républicain

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