Le premier Retex de la composante police de la Force conjointe du G5 Sahel sur la mise en œuvre du cadre de conformité, qui s’est déroulé à l’hôtel Onomo de Bamako, du 7 au 10 décembre, a permis de toucher du doigt beaucoup de réalités, qui n’étaient pas assez connues au niveau du secrétariat exécutif. A travers l’échange d’expériences, ce premier Retex a permis, à la lumière de trois années de réalisation, de faire des recommandations pertinentes, tant à l’endroit des partenaires que des États.

La rencontre de quatre jours a permis de faire le point des acquis et de réfléchir à des pistes de solutions pour relever les défis constatés au cours des trois années de mise en œuvre du cadre de conformité, l’objectif visant à « intégrer les droits de l’homme au cœur des réponses sécuritaires régionales ». Le moment était venu pour le Haut-commissariat des Nations-Unies aux Droits de l’Homme à travers son Projet d’appui à la Force conjointe du G5 Sahel dans la mise en œuvre du Cadre de conformité aux droits de l’homme et au droit international humanitaire, de jeter un regard sur le rétroviseur, faire un état des lieux pour surmonter les difficultés et mieux avancer. Ce Retex soutenu par les partenaires de l’Union européenne, a vu la participation effective de la composante police (prévôts, chefs d’unités prévôtales, unités d’investigations spéciales et secrétariat exécutif du G5 Sahel) ainsi que des media des droits de l’homme. De pertinentes recommandations ont été formulées.

Remédier à la méfiance entre soldat et prévôts par les formations
Du fait de leur différence de rôles, on ressent souvent un climat de méfiance entre certains soldats et les prévôts sur le terrain. Pour y remédier, des participants recommandent de faire en sorte que cet aspect soit pris en compte au niveau des formations de pré-déploiement, tant pour les soldats que pour les prévôts. Cette méfiance serait due à une certaine méconnaissance du rôle des prévôts au sein des bataillons. Certains ont proposé le retour à la formation commune de base ou tronc commun, qui permettait à l’époque où elle était en vigueur de cultiver l’esprit d’équipe entre tous les corps qui y prenaient part en communion. Ce n’est qu’après que les éléments sont repartis entre la police, la gendarmerie, la garde nationale et les armées. Cette formation commune de base permet de conjurer des difficultés de collaboration malgré les différences de corps.

La formation continue des prévôts et la durée de leur mandat
La composante police et les prévôts en général ont besoin de formation continue, dans la mesure où au lieu d’être affectés ou dédiés à la composante police de la force conjointe du G5 Sahel, la plupart de ces prévôts sont désignés pour une période de trois mois ou six mois pour être relayés. Etre déployés sur une zone d’opération pour juste une période de trois mois ne permet pas d’avoir le temps de maitriser le terrain, de se créer des réseaux pour avoir des renseignements exploitables au profit de tous. Des recommandations ont été formulées pour faire en sorte que la durée de leur séjour soit revue à la hausse, et éventuellement uniformiser la durée de séjour des prévôts, qui sont versés dans le bataillon.

Les participants et les officiels juste après la cérémonie d’ouverture

Porter le nombre des prévôts au sein des bataillons, de 13 à 19
Les prévôts déployés au sein des baillons sont au nombre de 13. L’expérience a démontré que ces treize dans leur déploiement, ne peuvent pas couvrir très souvent le besoin de prévôt au sein des bataillons lorsqu’il y a beaucoup d’activités. Le secrétariat exécutif prépare un projet de directive de la composante police, qui propose que l’effectif des prévôts au sein des bataillons, au lieu de 13 soit porté à 19, pour améliorer leurs conditions de travail et leur efficacité sur le terrain.

La participation de la partie militaire au Retex
Au regard des débats et les réalités qui ont été mises en lumière quand au fonctionnement de la composante police, il est apparu nécessaire, pour atténuer certains soucis réels des prévôts, que la partie militaire (les chefs de bataillon ou de leurs représentants, ou un représentant au-delà du conseiller police de la Force conjointe ) soit présente au prochain Retex de la composante police pour voir comment circonscrire ensemble les difficultés rencontrées sur le terrain, en termes de collaboration entre prévôts et soldats.

La prise en compte du genre
La nécessité de prendre en compte le genre est apparue comme une réalité, pour que les éléments soient efficaces sur le terrain. Ainsi, un projet de plan d’action élaboré au niveau du secrétariat exécutif est en voie d’être adopté. Sur le terrain, des soldats indiquent qu’en fonction des coutumes de certains milieu, ils ne peuvent pas toucher à une femme, à fortiori la fouiller. S’il y avait un personnel féminin parmi eux le problème ne se serait pas posé. Dans ces localités, il est sans doute possible de faire passer à travers des femmes, éventuellement des armes, des explosifs, en sachant qu’on ne peut pas toucher les femmes, et en sachant qu’il n’y a pas de personnel féminin parmi les unités déployées sur le terrain. C’est un point positif parmi tant d’autres, qui a été mis à nu et débattu au cours de cet atelier.

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