Home Politique L’UE appelle à la libération immédiate du Président et du PM maliens: « Des sanctions seront adoptées contre ceux qui se mettent en travers de la transition »

L’UE appelle à la libération immédiate du Président et du PM maliens: « Des sanctions seront adoptées contre ceux qui se mettent en travers de la transition »

Le Haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité et vice-président de la Commission européenne, Josep Borrell Fontelles a indiqué hier matin dans un tweet: « les Chefs d’Etat européens appellent à la libération immédiate du Président Bah N’daw et du Premier Ministre Moctar Ouane ». Il ajoute que des sanctions seront adoptées contre ceux qui se mettent en travers de la transition.

Les autorités maliennes et leur gestion des finances publiques sont, depuis quelques années, surveillées par l’Union européenne, comme le lait sur le feu, tant la mal gouvernance a atteint un niveau insoupçonné. L’irruption sur la scène politique, des militaires une nouvelle fois en aout 2020, et leur volonté de s’y attarder, en rajoutent au climat de méfiance de l’Union européenne concernant notre pays qui n’est pas prêt à en sortir. Tout semble être à refaire au Mali, y compris la confiance des partenaires. Des sanctions, il y en a eu en termes de suspension d’appui budgétaire, destiné aussi bien à l’éducation qu’à l’armée, deux grands domaines très importants pour relèvement d’un Etat, mais malheureusement deux domaines profondément laminés par la mauvaise gestion, la corruption et l’enrichissement illicite des cadres à la gouverne. On procède la surfacturation et de faux effectifs pour avoir à empocher des fonds supplémentaires. Les victimes sont les plus faibles, les nécessiteux, des élèves de parents démunis en milieu rural, qui restent dans le besoin de cantines scolaires, qui entendent les annonces, mais qui ne voient jamais la couleur des appuis budgétaires. D’autres bénéficiaires qui ne bénéficient jamais sont des soldats de nos forces de défense et de sécurité, qui sont engagés dans la lutte antiterroriste, dans des conditions indescriptibles, à cause de l’esprit mercantile de certaines hiérarchies. Dans un tel environnement surréaliste, tout ami qui est pour une solution durable, a le devoir de voir clair dans l’utilisation qui est faite du moindre centime donné par les contribuables de son pays.

L’Union européenne dans son rôle a annoncé en avril 2021, la suspension de plus de 38 millions d’euros, qui étaient destinés au Trésor malien au titre de 2020. Les autorités de Bamako n’ont pas atteint les objectifs conjointement fixés avec Bruxelles. Ce n’est pas la première fois que l’Europe suspend son appui budgétaire à un pays du Sahel, mais c’est la première fois qu’elle le fait savoir publiquement.

Du 21 au 24 avril dernier, le Haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité et vice-président de la Commission européenne, Josep Borrell Fontelles a effectué une visite au Sahel, qui l’a conduit en Mauritanie, au Tchad et au Mali. Cette visite s’inscrivait dans le contexte du « sursaut civil et politique » décidé au Sommet de Ndjamena en février dernier, et au lendemain de l’adoption par l’Union européenne de sa « nouvelle stratégie pour le Sahel ».

Ainsi, comme d’autres pays du Sahel, le Mali avait déjà subi au cours des dernières années des reports de l’aide budgétaire européenne, même si l’information était restée totalement confidentielle. Cette fois c’est Josep Borrell lui-même, le Haut représentant européen aux affaires étrangères, qui l’a publiquement évoqué lors de sa tournée africaine.

L’aide budgétaire, en parallèle des programmes d’aide ficelés de A à Z par les bailleurs ou des aides aux ONG ou aux agences onusiennes, est versée directement au Trésor des États bénéficiaires, à charge pour eux de réaliser les objectifs définis conjointement avec Bruxelles, en terme par exemple de recrutement de médecins dans les hôpitaux, de créations de cantines scolaires, ou de bancarisation du paiement des militaires. Ces deux derniers indicateurs en particulier laissaient à désirer au Mali. Les fonds non versés seront réalloués à l’enveloppe globale de 100 millions d’euros promise par Josep Borrell au Mali pour l’organisation d’élections et un certain nombre de réformes.

« Plutôt qu’une sanction, c’est un message fort à l’endroit de notre administration. Nous devons sortir de la corruption à grande échelle en valorisant les bonnes pratiques. Bancariser le salaire des militaires n’est pas une menace pour la sécurité militaire, mais plutôt une protection des militaires et du pays. Ce sont les voleurs qui sont aux commandes qui ne veulent pas de cette transparence », a déclare dans le journal « Mali Tribune » du mardi 18 mai 2021, un diplomate malien, sous couvert de l’anonymat.
LUE, comme tout autre partenaire technique et financier du Mali (Etats-Unis, Royaume uni, France, Union africaine, Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest), tient au respect strict du délai de la transition et au respect du calendrier électoral proposé par le Premier ministre Moctar Ouane.

Ainsi, pour sa réussite, l’Union européenne (UE) s’est engagée à apporter un soutien financier à l’organisation des élections et des réformes institutionnelles prévues au Mali. L’annonce avait été faite le samedi 24 avril 2021, à l’issue d’une audience du président de transition Bah N’Daw, au Haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité et vice-président de la Commission européenne, Josep Borrell Fontelles.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Voir Aussi

Célébration du deuxième anniversaire du Rassemblement des Maliens (RAMA): Le parti affiche son soutien aux autorités de la transition

Cela fait deux ans que le parti Rassemblement des Maliens (RAMA) existe sur la scène polit…