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Economie - Urgent - 3 mai 2021

BDM SA/ L’affaire Djeneba SALL fait des vagues

L’argent n’aime pas le bruit a-t-on coutume d’entendre. Mais depuis quelques jours, c’est à l’allure d’un vacarme que courent les accusations et les démentis de part et d’autres, entre syndicat national des banques, Assurance, établissements financiers, microfinances et commerce du Mali (SYNABEF) et la Direction générale de la Banque de Développement du Mali (BDM SA), à propos d’une affaire Mme Djeneba SALL, qui les oppose. Pour la direction de la BDM SA, on est en présence « d’accusations portées par un syndicat national contre une entreprise et en la matière, le premier réflexe consiste à écouter la partie mise en cause et ses représentants du personnel par respect pour le métier et les lecteurs plus intéressés par les faits dans tous leurs contours afin de se forger une vraie opinion », réagissant visiblement à des écrits dans la presse. En réalité, la vraie affaire c’est celle qui concerne les faits de malversation visant Mme Kané Djeneba SALL et remontant à Décembre 2019 donc depuis 17 mois, selon un memo auquel a eu accès la rédaction de Les Secrets Bancaires.
Selon ce mémo que la rédaction de Les Secrets Bancaires a consulté, le 06 décembre de cette année, la KANE Djeneba SALL Directrice de l’agence BDM Missira informa ses responsables hiérarchiques de son absence pour cause de maternité (accouchement prématurée). Rien ne pouvait aux yeux des responsables du réseau perturber le fonctionnement de l’agence car il s’agit de situations récurrentes car le relais est immédiatement pris en principe et en pratique par l’adjointe de la Directrice.
Pourtant, quelle ne fut la surprise quand quelques jours plus tard, des clients alertent les responsables du réseau sur l’indisponibilité du (Guichet Automatique de Banque (GAB ) de Missira.
Aussitôt arrivés sur les lieux les responsables du réseau ont été informés que la Directrice absente avait emporté avec elle les clefs de son bureau et du GAB. Surpris par une situation inhabituelle et en violation des procédures de la banque, une mission composée du réseau d’agences, du contrôle et de l’inspection s’est rendue chez la Directrice afin de confirmer l’information et donc de récupérer les clefs d’accès du bureau et du GAB.
Sur place l’intéressée a reconnu avoir sur elle et comme toujours toutes les clefs auxquelles n’ont jamais accès ni l’adjointe, ni les autres collaborateurs dans l’agence, selon le mémo.
L’équipe composée du réseau, de l’inspection et du contrôle procède le même jour au décompte physique du GAB et relève un montant de 271 000 F CFA.
Le pot aux roses, confirmé par l’arrêté des comptes du 31 décembre 2019, va révéler un manquant de 44 585 000 F CFA dans la gestion du GAB. Interpellée par l’inspection de la banque sur la cause des sommes manquantes, la Directrice Mme KANE se reconnait comme seule responsable car elle seule a toujours détenu les clefs du distributeur automatique de billets. Elle s’est aussi engagée à rembourser les montants en question selon un mode d’arrangement avec la banque, vérifiable devant la Direction des Affaires Juridiques.
C’est bien plus tard qu’elle est revenue sur sa version des faits, alléguant que le GAB a été ouvert en son absence et sans le service d’huissier. Or au préalable, il ne s’agissait pas d’une opération conflictuelle mais juste ouvrir la machine pour l’usage de la clientèle. Plusieurs opérations suspectes consistant à des retraits de fortes sommes d’argent et reversées 24 heures plus tard ont été tracées par la suite dans le sillage de Mme KANE, toutes les opérations ont été effectuées au moment des arrêtés des comptes en vue de masquer très certainement le détournement, poursuit le mémo.
Des opérations suspectes sur le compte d’un client
Le 08 novembre 2019, le compte d’un client expatrié a été débité de 3 millions de FCFA par Mme KANE et la somme remise en place le 13 novembre, soit 6 jours plus tard. Le 27 novembre 2019, même procédé même montant, 3 millions prélevés et replacés cette fois le 30 juillet 2020. Le 28 novembre 2019, 3 millions ont été retirés du compte du même client par la même Directrice pour être reversés le 29 novembre soit 24 h après.
Les vérifications ont permis de savoir que pour toutes ces opérations Madame KANE n’avait requis, ni bénéficié d’aucun mandat du titulaire du compte. Elle a donc décidé de son propre chef de modifier les données du client pour les remplacer par sa propre identité et donc de manipuler à sa guise le compte du client sans l’en informer et sans mandat dument établi. Devant cette anomalie constatée, la banque a par précaution décidé de bloquer le compte en question en attendant d’en savoir plus, selon le memo.
Constatant l’impossibilité pour lui d’accéder à son compte depuis l’étranger, le vrai titulaire débarque à Bamako et se présente à la BDM, le 09 Septembre 2020, pour avoir des explications. Dès l’entame des échanges avec les cadres de la banque, le client a affirmé n’avoir jamais donné un quelconque mandat à Mme KANE pour gérer son compte en modifiant son identité.
C’est la déposition faite à cet effet, signée du Client et les services de contrôle de la Banque que le SYNABEF qualifie de faux documents alléguant que le client n’était pas à Bamako à la date marquée sur le document, indique le memo. « Nous disposons des coupons de voyage du client qui prouvent qu’il était bien à Bamako, de même que la copie de son passeport en support à un retrait effectué le même jour de même que d’autres supports », selon la Direction de la BDM SA. Le client reconnait tout au plus que Djénéba lui a demandé de lui prêter de l’argent et il a autorisé une seule opération portant sur 3 millions afin de régler un problème urgent. A l’exclusion des autres opérations de virement, dont il n’a pas eu connaissance, encore moins les autoriser.
C’est donc à partir de ces faits allégués, vérifiés et vérifiables, notamment, manipulation du compte de client, atteinte à la déontologie du métier de banquier, faux et usage de faux, violation des procédures que la BDM a écrit à l’inspection du travail pour demander le licenciement pur et simple de l’agent pour faute lourde. Après analyse du dossier et après avoir écouté les deux parties (Mme KANE et les représentants de la BDM SA) et le syndicat, que l’inspection du travail a requis la clémence de la banque. Dès lors, en attendant de bien examiner son cas en profondeur et conformément aux textes règlementaires en vigueur, la Direction Générale de la BDM SA n’a pris aucune mesure nouvelle concernant Mme KANE Djeneba SALL. Elle continue de bénéficier de l’entièreté de son traitement et des avantages dus, indique-t-on.
En ce qui concerne l’affaire de détournement de somme d’argent au GAB de 44 585 000 FCFA qu’elle n’a toujours pas remboursés conformément à son engagement préalable, son avocat dans une lettre du 30 Novembre 2020 consécutive à une rencontre du 12 Octobre 2020 a sollicité un règlement amiable, avec l’accord de Mme KANE, dans le sens d’un remboursement intégral et de son maintien à son poste avec tous les avantages, selon le document. Affaire à suivre.
Les Secrets Bancaires

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